La grève des 371 travailleurs syndiqués de l'usine CEZinc, à Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, entrera dans son sixième mois le 12 août prochain, et les négociations entre les deux parties sont au point mort depuis près de deux mois, ce que déplorent tant le Syndicat des Métallos qui représente les grévistes que la partie patronale.

Le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Alain Croteau, accuse toutefois l'employeur de délibérément laisser le conflit s'éterniser, dans le but d'essouffler ces travailleurs.

Le syndicat a lancé une nouvelle campagne de financement baptisée « Adoptez un gréviste ». Elle vise à amasser des fonds supplémentaires des différentes sections locales des Métallos de l'ensemble du Canada pour s'assurer que les grévistes de l'usine CEZinc puissent mener leur bataille jusqu'au bout, tout en leur permettant de « mettre du pain sur la table et de payer leur hypothèque ».

En entrevue à La Presse canadienne, M. Croteau a expliqué que ces travailleurs se battent essentiellement pour maintenir leur fonds de pension. Il a dit ne pas comprendre pourquoi l'employeur veut « couper dans leurs acquis », alors que « l'entreprise fait des bénéfices importants année après année ».

Du côté patronal, on reconnaît que les négociations achoppent en ce qui concerne le régime de retraite. La présidente et chef de la direction de Zinc Electrolytique du Canada, Eva Carissimi, a expliqué en entrevue que l'entreprise « cherche à réduire ses coûts d'exploitation dans un contexte de compétition mondiale, et que les régimes de retraite représentent 35 % » de ces coûts.

L'employeur cherche donc à faire de nouvelles économies, dans un délai de trois à cinq ans, et pour y arriver CEZinc demande à ses employés de changer de régime de retraite afin d'y contribuer également.

Mme Carissimi explique que les employés en grève possèdent en ce moment un « régime à prestations déterminées qui est financé à 100 % par la compagnie ».

Un autre enjeu porte sur les modalités entourant les retraites anticipées.

Les deux parties sont loin de s'entendre sur ces enjeux.

Convention échue depuis décembre

Leur dernière rencontre, en présence d'un conciliateur du ministère du Travail, remonte au 2 juin.

Tant M. Croteau que Mme Carissimi invitent l'autre partie à revenir à la table de négociations.

Les 371 travailleurs de l'usine CEZinc sont en grève depuis le 12 février 2017 et l'usine tourne au ralenti depuis ce temps. Leur convention collective est échue depuis le 1er décembre 2016.

Le Syndicat des Métallos conteste, par ailleurs, deux décisions du Tribunal administratif du Québec qui a rejeté les allégations du syndicat voulant que l'employeur a eu recours à des briseurs de grève. Le tribunal s'est notamment appuyé sur le rapport d'inspection du ministère du Travail qui avait donné gain de cause à l'employeur.

L'usine CEZinc de Salaberry-de-Valleyfield compte 575 employés au total. Il s'agit de la deuxième affinerie en importance dans l'est de l'Amérique du Nord, selon Mme Carissimi. Le minerai de zinc y est transformé pour être utilisé dans la galvanisation du fer pour s'assurer que le fer ne rouille pas dans la construction d'automobiles et de batteries, entre autres.

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