Retour

Skip the Dishes, l'entreprise émergente des Prairies

L'application mobile Skip the Dishes qui permet aux utilisateurs de commander des repas à distance révolutionne l'industrie de la restauration dans les Prairies. Créé à Winnipeg, le logiciel fonctionne dans une cinquantaine de villes au Canada et aux États-Unis.

Les bureaux de l'entreprise émergente ressemblent à ceux qui fourmillent à Montréal ou à Toronto, mais son siège social se trouve à Winnipeg, une ville de moyenne envergure au coeur des Prairies.

« On dit souvent si vous réussissez à New York, vous réussirez n'importe où. Nous pensons que si vous réussissez à Winnipeg, vous réussirez n'importe où », s'amuse à dire Joshua Simair, un des fondateurs de la société.

Il avait 25 ans lorsqu'il a lancé l'application Skip the Dishes, ou en français « plus besoin de faire la vaisselle », avec ses deux frères en 2012.

L'application permet de se faire livrer des repas depuis presque n'importe quel restaurant d'une ville en se servant d'un téléphone cellulaire.

La livraison à domicile de repas n'est pas un concept nouveau, mais Joshua et ses frères l'ont simplement adaptée à la réalité d'aujourd'hui et surtout aux villes des Prairies.

« Nous voulons changer nos villes, pour nous c'est très important. Presque 50 % de la population vit dans les villes secondaires et tertiaires », souligne Joshua Simair.

Un système conçu pour villes de moyenne densité

La clef du succès de Skip the Dishes, présente dans une quarantaine de villes du Canada et du Midwest, repose en bonne partie à son système conçu et créé pour les villes de moyenne densité.

« Quand on compare les chiffres d'une ville secondaire comme Calgary avec New York, on voit que c'est complètement différent », observe Joshua Simair.

Même si l'algorithme semble complexe, le concept reste simple.

L'application regroupe les restaurants qui font affaire avec Skip the Dishes. Les clients n'ont ensuite qu'à passer leur commande qui est par la suite transmise au restaurant. La commande est alors jumelée à un livreur qui s'occupe de passer la récupérer au restaurant.

Temps partiel

Larry Robinson est un retraité qui se cherchait un passe-temps. Lui qui dit aimer conduire est naturellement devenu livreur pour Skip the Dishes.

« L'horaire est flexible, je fais de belles rencontres, tout en gagnant un peu d'argent », dit-il.

Reste que l'emploi n'est pas très payant.

« Nous sommes prévenus, ce n'est pas un emploi à plein temps, vous ne pouvez pas soutenir une famille avec, c'est fait pour être à temps partiel », tient à souligner M. Robinson.

Une fois arrivé au restaurant, le livreur en avertit le propriétaire et le client via l'application et récupère la commande.

Pour certains restaurants de Winnipeg l'arrivée de l'application a permis de doubler la production de repas.

Larry Robinson explique que le midi, le service est particulièrement populaire auprès des professionnels.

100 000 $ de ventes annuelles

En 2016, des actions de Skip the Dishes ont été vendues à la compagnie britannique Just Eat à la hauteur 200 millions de dollars. Une décision qui s'explique par le manque de liquidité de la société. En effet il est difficile de convaincre de grandes entreprises technologiques d'investir dans une petite ville comme Winnipeg.

« Il n'y a pas vraiment d'investisseurs intéressés par investir dans les entreprises en démarrage dans les prairies. Depuis 10 ans, les investisseurs sont presque uniquement à New York et à San Francisco », constate Joshua Simair.

Cette décision a permis à l'entreprise de continuer de croître si bien qu'aujourd'hui, Skip the Dishes est parmi les entreprises technologiques affichant un des taux de croissance les plus élevés au pays selon la firme Deloitte. Ses ventes annuelles dépassent les cent millions de dollars.

Plus de 10 000 restaurants sont maintenant partenaires dans une quarantaine de villes en Amérique du Nord y compris des chaînes bien connues comme Five Guys, Harveys, ou encore Chez Cora ont recours à leur service.

La preuve qu'il ne faut jamais sous-estimer le talent des Prairies.

D'après des informations de Jacaudrey Charbonneau.