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Stephen Harper a-t-il raison sur la santé de l'économie canadienne? L'épreuve des faits

Depuis le début de la campagne électorale, Stephen Harper affirme que 80 % de l'économie est en croissance et attribue la baisse du produit intérieur brut des derniers mois au secteur énergétique. A-t-il raison?

Un texte de Denis-Martin Chabot

Vérification faite : tout dépend de la méthode de calcul.

Pour arriver à cette conclusion, il faut que l'on compare la performance économique des cinq premiers mois de 2015 avec celle de la même période en 2014.

Dans ce cas, c'est vrai, la production combinée des secteurs industriels autres que l'énergie - soit 80 % de l'économie canadienne - a augmenté d'une année à l'autre, alors que le secteur énergétique piquait du nez.

Une autre méthode privilégiée

Par contre, une comparaison sur les cinq premiers mois de l'année n'est pas la méthode de calcul généralement utilisée par les économistes. Ceux-ci préfèrent comparer les données d'un trimestre à l'autre, secteur par secteur.

Dans ce cas, Stephen Harper a tort. Entre le dernier trimestre de 2014 et le premier de 2015, 9 des 20 secteurs de l'économie canadienne, soit 45 % des secteurs, ont enregistré une baisse de production.

« La baisse de l'activité dans le secteur énergétique aura des effets secondaires qui vont s'accentuer dans le reste de l'économie, explique Jean-Pierre Aubry, économiste et fellow associé au CIRANO. Prenez l'Alberta : comme il y a moins d'emplois, il y aura moins de ventes au détail, moins de construction, etc. »

L'économiste se montre pessimiste à moyen terme. « Il n'y a pas, à ce jour, de locomotives pour mettre l'économie sur un taux de croissance de plus 2 %. La croissance devrait donc être de faible à modérée, entre 1 % et 2 %. »

Une baisse qui s'accélère

Si l'on compare sur une base mensuelle, le recul de l'économie a pris de l'ampleur au mois de mai 2015, selon les dernières données disponibles. Plus de 60 % de l'économie était en décroissance, notamment le secteur manufacturier et le secteur minier.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Pour le professeur Steve Ambler, du Département des sciences économiques de l'UQAM et titulaire de la Chaire David Dodge en politique monétaire de l'Institut C.D. Howe, les statistiques du PIB par grands secteurs industriels pour le mois de mai s'avèrent un bon indicateur. « Sur un total de 11 secteurs, y compris ceux classés dans "autres", 4 étaient en expansion et 7 en contraction. Donc, ce n'est pas exactement vrai que la contraction est presque exclusivement dans le secteur de l'énergie. »

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