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Swiss et Air Baltic font de la publicité pour Bombardier

Airbus et son concurrent américain Boeing se sont livrés à un premier duel de commandes à l'ouverture du Salon international de l'aéronautique du Bourget lundi. Rien pour la C Series de Bombardier, mais un peu plus d'optimisme qu'au dernier salon, en 2015.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Swiss, le pionnier, exploite la C Series de Bombardier depuis un an. Nous nous sommes rendus au salon de l'aéronautique du Bourget, en France, à bord d’un CS100 : vol LX638 de Zurich à Paris-Charles de Gaulle. C’est un vol court, comme la plupart des destinations à l’intérieur de l’Europe.

C’est ce pourquoi la C Series a été conçue et aussi ce que cherchait Swiss lorsqu’il a fait l’acquisition de 30 appareils. Des CS100 et des CS300, plus gros. Des avions silencieux, à décollage et atterrissage court, Swiss en a besoin pour relier Genève et Zurich à une destination très importante pour eux : la City de Londres.

Viser de nouveaux marchés

« L’aéroport de la City de Londres est très important pour nous, explique Andreas Thurmheer, PDG Swiss Global. Il est petit, c’est un aéroport-boutique. Nous prévoyons relier Genève et Zurich au centre de Londres au courant de l’été en commençant par trois vols par jour. » Le CS100 vient d’être certifié pour cet aéroport, LCY, en plein cœur de la City de Londres.

C’est le plus gros appareil à pouvoir utiliser ses pistes. Un avantage énorme pour la compagnie suisse sur ses concurrents. En fait, le vol de Zurich vers l'aéroport du centre de Londres est plus court que le trajet en auto ou en transport en commun de l'aéroport international d’Heathrow vers le centre-ville de la métropole anglaise.

D’autres petits aéroports sont visés par Swiss, comme Florence ou Amsterdam, là où les normes sonores sont très strictes, comme à Londres.

Swiss a participé pendant 9 ans à la conception de la C Series à Mirabel et les résultats sont là, selon M. Thurmheer, l’appareil remplit toutes ses promesses, dit-il : la cabine est spacieuse, lumineuse, confortable pour les passagers.

« C’est fantastique, un vrai plaisir », souligne la chef de cabine Séverine Burgy, qui précise que les passagers apprécient aussi le nouvel appareil de Bombardier. « Même les toilettes sont belles », ajoute-t-elle.

L'éternelle attente des commandes

Au Bourget, Bombardier compte sur Air Baltic, son second client, pour lui faire de la publicité. Son cinquième CS300 est exposé sur le tarmac et la compagnie lettonne a l’intention d’exploiter au maximum ces appareils, 17 heures de vol par jour, et d’ajouter 13 nouvelles liaisons. Air Baltic songe à de nouvelles commandes. Des discussions sont en cours.

Colin Bole, le vice-président principal pour les ventes de Bombardier ne peut pas garantir de commandes dans les jours ou les semaines qui viennent. C’est un long processus, dit-il, mais il avance qu'il y aura des résultats significatifs dans le cours de l’année.

L’avenir est prometteur pour cet avion, croit le PDG de Swiss. « Tous les yeux sont tournés vers nous, indique M. Thurmheer. À commencer par ceux de Lufthansa, qui est propriétaire de Swiss et qui détient 30 options d’achats de la C Series. »

En visite au Bourget, le ministre fédéral au commerce international, François-Philippe Champagne, précise qu'il ne croit pas que les accusations de subventions protectionnistes de Boeing nuisent aux ventes de Bombardier, en particulier aux États-Unis.

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