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Tarifs d'Air Canada : pas de baisse en Atlantique comme au Québec

Air Canada ne compte pas diminuer le tarif de ses vols régionaux en Atlantique, comme elle l'a fait au Québec la semaine dernière.

Un texte de Camille Martel

Des membres de la communauté d’affaires du Nouveau-Brunswick critiquent le prix des liaisons régionales, qu'ils trouvent élevé.

La semaine dernière, Air Canada a apporté des modifications à ses tarifs normaux pour les vols régionaux au Québec.

Des voyageurs québécois pourront dorénavant se procurer des cartes de vol à un tarif réduit. Par exemple, une carte pour 10 allers simples coûtera seulement 324 $, un rabais considérable.

Air Canada a aussi réduit ses tarifs sur les vols réservés de 30 à 60 jours à l’avance au Québec.

À titre d'exemple, au Nouveau-Brunswick, un aller simple entre Moncton et Montréal coûte plus de 150 $ et un vol entre Moncton et Halifax coûte plus de 200 $, bien que la durée du vol soit de seulement 40 minutes.

De plus, il n’y a aucun vol direct qui relie les deux aéroports du Nouveau-Brunswick, soit celui de Bathurst et celui de Moncton.

Par exemple, il faut compter un minimum de 4 h 30 et 500 $ pour un vol de Moncton à Bathurst en passant par Montréal.

Air Canada n'a pas expliqué pourquoi elle réduisait seulement ses tarifs au Québec. L'entreprise a seulement indiqué par courriel à Radio-Canada qu'il n'était pas dans ses intentions de réviser ses prix en Atlantique.

Le « monopole » d'Air Canada critiqué

Au Québec, la décision de réduire les tarifs fait suite aux critiques de plusieurs élus sur ce qu’ils appellent le monopole d’Air Canada.

Le maire de la ville de Québec, Régis Labeaume, a même accusé l’entreprise de pratiquer du « capitalisme sauvage », puisqu’elle augmente ses prix lorsqu'un concurrent se retire d'un marché donné.

Au Nouveau-Brunswick, la situation est similaire : Air Canada exploite la majorité des vols.

L'aéroport régional de Bathurst est uniquement desservi par Air Canada et environ 70 % des vols en partance de l'aéroport international Roméo-Leblanc du Grand Moncton sont assurés par Air Canada.

Les tarifs limitent les déplacements en avion, selon la FCEI

Selon Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales au Nouveau-Brunswick pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), le coût du transport aérien peut nuire aux petites et moyennes entreprises.

« De façon anecdotique, j’ai déjà entendu au courant des années des entrepreneurs me dirent qu’ils trouvaient ça cher », explique Louis-Philippe Gauthier.

Selon lui, les tarifs des transporteurs aériens ne constituent pas nécessairement un « frein » pour les entrepreneurs, mais ils limitent certainement le nombre de fois que ceux-ci vont voyager.

« Si un entrepreneur a besoin de se déplacer, il va le faire. On est au Canada et on sait que les coûts pour se déplacer entre certaines régions sont plus élevés qu’ailleurs. Est-ce que ce serait apprécié que les coûts soient plus faibles? Oui bien sûr! »

À son avis, si Air Canada est en mesure d'offrir des rabais dans une région du pays, cela doit être le résultat d'un calcul économique bien réfléchi.

Plus cher pour un avion d'atterrir en région

Il faut noter que les frais d’améliorations aéroportuaires entrent dans le calcul des tarifs aériens. Or ces frais sont très élevés pour certains petits aéroports, comme celui de Bathurst. Les frais y sont les plus élevés au pays avec ceux de l'aéroport de Fort McMurray, en Alberta. Ces aéroports réclament 40 $ en frais d’améliorations portuaires.

À titre de comparaison, l’aéroport de Moncton exige 25 $ et celui d’Halifax, 28 $.