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Tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier : inquiétudes sur la Côte-Nord

Les tarifs douaniers qui seront imposés par les États-Unis sur l'aluminium canadien, dès minuit vendredi, suscitent de l'inquiétude sur la Côte-Nord.

Un texte de Laurence Royer avec les informations de Marlène Joseph-Blais

La décision de l’administration américaine d’imposer des tarifs à ses partenaires commerciaux fait notamment réagir l’aluminerie Alcoa de Baie-Comeau. L'entreprise affirme que cette décision est regrettable et qu'elle ne règle pas le problème réel, celui de la surcapacité chinoise dans le marché mondial de l'aluminium.

Toutefois, certains travailleurs restent confiants. Selon le président du Syndicat national des employés de l'aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens, les États-Unis achètent beaucoup d'aluminium canadien. Il croit que ce sont les Américains qui seront pénalisés par ces tarifs douaniers.

Le marché de l’aluminium crée de nombreux emplois sur la Côte-Nord. Les deux alumineries de la région, soit Alcoa à Baie-Comeau et Alouette à Sept-Îles, emploient près de 2 000 travailleurs au total.

De nombreux emplois indirects sont également reliés à la production d’aluminium. Des entreprises de construction qui réalisent des contrats dans ces usines, les compagnies qui transportent le métal ou encore des firmes de génie-conseil travaillent de concert avec les alumineries de la Côte-Nord.

Les maires gardent espoir

Des maires de la région se font rassurants pour les nombreuses familles de la Côte-Nord qui dépendent de l’industrie de l’aluminium.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, admet que la taxe imposée par Washington pourrait nuire au marché nord-côtier. Il estime toutefois que ce sont les consommateurs des États-Unis qui seront les grands perdants.

À titre de comparaison, le maire de Baie-Comeau rappelle que l’imposition de tarifs douaniers sur le bois d’œuvre n’avait pas eu d’impact majeur dans la région.

« Aux États-Unis, ils cherchent vraiment à mettre le protectionnisme à 100 %, dit-il. Ça n'a pas fonctionné dans le domaine du bois. Actuellement, il se vend plus de bois d'œuvre aux États-Unis qu'avant, même s'il y a un droit de douane, c'est les Américains qui paient eux-mêmes la taxe que les Américains ont imposée. »

Yves Montigny soutient qu'Hydro-Québec devrait cesser de vendre de l'électricité aux États-Unis si de tels tarifs douaniers sur les produits canadiens sont maintenus.