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Taux d'inoccupation au centre-ville d'Halifax : inquiétant ou de bon augure?

De nombreux espaces commerciaux sont disponibles au centre-ville d'Halifax, mais les experts ne s'entendent pas sur les façons de régler le problème.

Alexandra Baird Allen, analyste à la firme immobilière Turner Drake & Partners, affirme que le taux d’inoccupation actuel est effrayant et insoutenable.

Mais le président de la société de courtage The Armour Group, Scott Armour McCrae, est en désaccord avec cette conclusion, la qualifiant même d’hystérie préfabriquée. Il voit plutôt la possibilité d’attirer de nouveaux locataires au centre-ville et qualifie la situation d’« excitante ».

Entre les deux se trouve Bill MacAvoy, directeur général de Cushman and Wakefield Atlantic. Il dit pour sa part que le taux d’inoccupation est dynamique au centre-ville d’Halifax et qu’il dépend du type d’édifice et de son âge. Le taux d’inoccupation d’un immeuble peut-être de 2 %, mais de 50 % dans l’édifice voisin, dit Bill MacAvoy.

Taux d’inoccupation

Une analyse de Turner Drake and Partners évalue le taux d’inoccupation à 15 % dans la municipalité d’Halifax et de presque 17 % en ne considérant que le quartier financier, affirme Alexandra Baird Allen. C’est loin du taux désirable de 5 %, qui caractérise généralement une économie en santé, dit-elle.

Scott Armour McCrae indique quant à lui que les données de sa firme placent le taux d’inoccupation à 13 ou 14 %. Selon lui, les espaces vides se trouvent dans des édifices où personne ne voudrait travailler, de toute façon.

Alexandra Baird Allen réplique que le taux d’inoccupation pour les espaces de choix au centre-ville d’Halifax est de plus de 21 %, selon ses données, ce qui veut dire que des espaces vides se trouvent dans des édifices nouvellement construits.

Pas assez de démolition

Scott Armour McCrae affirme qu’il n’y a pas assez de démolition à Halifax. Il s’attend à ce que beaucoup d’espaces commerciaux vacants soient transformés ou démolis dans la prochaine décennie.

Bill MacAvoy estime lui aussi que beaucoup de locaux vides sont concentrés dans certains types d’immeubles. Il ajoute qu’il faut du temps pour remplir les nouveaux édifices parce que les locataires doivent attendre la fin de leur bail avant de déménager.

L’avenir?

En moyenne, un peu plus de 9000 mètres carrés d’espaces commerciaux trouvent preneurs chaque année depuis cinq ans dans la municipalité régionale d’Halifax, affirme Alexandra Baird Allen.

Dans le quartier des affaires d’Halifax, la moyenne est de 2300 mètres carrés pour la même période, dit-elle. À ce rythme, il faudra 25 ans pour atteindre un taux d’inoccupation acceptable, s’il n’y a pas de nouveaux immeubles commerciaux.

Scott Armour McCrae est beaucoup plus optimiste et affirme que ses données montrent que 28 000 mètres carrés d’espaces commerciaux ont trouvé des locataires à Halifax, uniquement l’an dernier. Il dit constater une demande croissante dans presque tous les secteurs économiques. Selon lui, la construction d’autant d’édifices à Halifax prouve que tout va bien.

Mais Alexandra Baird Allen répond que la main-d’œuvre rétrécit, que les employés sont souvent confinés à des cubicules, que les espaces de travail partagés sont de plus en plus communs et que le travail à la maison est aussi en croissance, tous des facteurs qui rendent les espaces commerciaux traditionnels désuets.

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