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Taxation du commerce en ligne : Justin Trudeau promet de « défendre les intérêts des Canadiens »

Le Canada cédera-t-il à la pression et augmentera-t-il son seuil d'exemption de taxe et de frais de douanes pour le commerce en ligne? De passage à San Francisco, Justin Trudeau est resté prudent, mais a promis de défendre les intérêts des Canadiens et des entreprises canadiennes.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Au Canada, l'enjeu soulève la crainte de bien des détaillants qui ont peur de devenir moins compétitifs face aux géants américains.

Dans le cadre de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), l'administration Trump et certaines entreprises américaines demandent à Ottawa de revoir à la hausse son seuil d'exemption de taxe et de tarifs douaniers pour des commandes en ligne faites à l'étranger.

Aux États-Unis, un consommateur ne débourse pas ses frais pour toute transaction de moins de 800 dollars américains. Au Canada, ce seuil est de 20 dollars canadiens.

À San Francisco, Justin Trudeau a rencontré jeudi le président-directeur général d'eBay, une entreprise qui réclame une hausse du plafond.

Questionné sur le sujet, Justin Trudeau n'a pas dit précisément si son gouvernement autoriserait un changement, mais il a voulu rassurer les commerçants.

Rencontre discrète avec le PDG d'Amazon

Le premier ministre a par ailleurs rencontré le dirigeant d'Amazon, Jeff Bezos.

Si les caméras avaient accès aux autres rencontres du premier ministre, cela n'a pas été le cas pour celle-ci. Un porte-parole de l'entreprise a affirmé qu'il s'agissait « d'une rencontre privée ».

Amazon est à la recherche d'une ville où établir son deuxième siège social en Amérique du Nord. Toronto est la seule ville canadienne toujours en lice. Ottawa est-il prêt à offrir des incitatifs?

En point de presse, le premier ministre a répondu que bien des entreprises technologiques s'installaient non pas à cause d'incitatifs, mais parce ce qu'ils sont entre autres attirés par « la main-d'oeuvre, l'avantage canadien et les Canadiens eux-mêmes ».

Par ailleurs, le gouvernement Trudeau est critiqué depuis plusieurs mois pour ne pas avoir exigé au géant américain Netflix de percevoir la taxe de vente.

Villes en compétition pour obtenir le siège d'Amazon :

Des entreprises américaines investissent au Canada

Deux entreprises technologiques ont profité de la visite de Justin Trudeau pour annoncer des investissements au nord de la frontière. C'est le cas de Salesforce, une entreprise spécialisée dans l'info nuagique, dont les dirigeants voulaient envoyer un bon signal, lors du passage du premier ministre.

Non seulement ont-ils affiché le drapeau canadien sur un grand écran du lobby de leur siège social, ils ont aussi annoncé un investissement de deux milliards de dollars sur cinq ans dans ses installations canadiennes. Le nombre d'emplois créés en lien avec cette annonce n'est pas précisé, mais Justin Trudeau a évoqué « des milliers ».

Une autre entreprise, Appdirect, a de son côté annoncé la création de 300 emplois au Canada au cours des cinq prochaines années. L'entreprise mettra sur pied un centre de vente à Toronto et fera croître le personnel dans ses bureaux de Montréal et Calgary.

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