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Taxe sur l’hébergement via Airbnb : un pas dans la bonne direction

L'organisme Tourisme Gaspésie se réjouit de l'entente conclue entre le gouvernement du Québec et Airbnb. La plateforme numérique percevra la taxe d'hébergement lors de la location d'une unité. Mais il resterait du travail à faire.

Un texte de Brigitte Dubé d'après une entrevue réalisée par Maude Rivard, à l'émission Au coeur du monde

Le Québec devient la première province canadienne à s'entendre avec Airbnb pour la perception d'une taxe sur l'hébergement.

À partir du premier octobre, la plateforme de location et de réservation de lieux d’hébergement prélèvera une taxe 3,5 % au moment de la transaction.

3,7 millions pour la promotion du tourisme

En entrevue, la ministre du Tourisme Julie Boulet, a aussi précisé que pour la dernière année, les fruits de cette taxe sur l'hébergement étaient évalués à 3,7 millions de dollars. La somme ainsi récoltée reviendra à l'industrie touristique des régions pour faire de la promotion.

La directrice générale de Tourisme Gaspésie, Joëlle Ross, ne peut s'avancer à quantifier la part de la Gaspésie, pour le moment.

« Déjà, il y en a plusieurs qui sont inscrits à Tourisme Québec et qui paient la taxe à l’hébergement, fait-elle savoir. La différence sera pour ceux qui ne cotisaient pas. On ne peut savoir combien ça va nous donner réellement pour le moment, mais je pense que ça va être un plus. »

Il faudra aller plus loin

Pour le directeur général de l’Association Hôtellerie Québec, Xavier Gret, qui représente de nombreux établissements en Gaspésie, il s’agit aussi d’un pas dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire.

« Par rapport à l’hébergement illégal, c’est un grand pas, estime-t-il. Cette taxe permettra de faire la promotion de la destination du Québec, ce qui devrait amener plus de touristes, plus d’argent et plus d’emplois au Québec. »

M. Gret juge par contre que ce n’est qu’une étape. Ce nouveau type de lois, avec de nouvelles technologies, va être en constante évolution et il y a encore d’autres étapes à régler et d’autres paramètres à fixer », prévoit-il.

Le directeur tient à préciser que les gens qui accepteront de payer le 3,5 % ne deviendront pas légaux. « Pour être légal, il faut être inscrit à la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) pour obtenir une certification », précise M. Gret.

Il ajoute qu’une équipe de 25 inspecteurs de Revenu Québec, entièrement dédiée à l’hébergement illégal, prend la relève des inspecteurs de la CTIQ qui avaient moins de pouvoirs.

Ils seront notamment chargés d’expliquer la loi portant sur l’hébergement illégal et d’émettre des billets d’infraction rapidement, ce qui évite les procédures judiciaires. « Auparavant, il y avait des délais de deux ou trois ans », illustre Xavier Gret.

Encore une fois, M. Gret répète qu’il s’agit d’un début : d’autres plates-formes devront s’entendre avec Québec.

« La pression est énorme partout dans le monde. De telles taxes existent et sont perçues en Europe et à San Francisco par exemple », mentionne-t-il.

La perception de la taxe débutera le premier octobre pour les séjours de 31 jours et moins. Les récalcitrants pourraient écoper d’amendes de 5000 $ à 25 000 $ par jour.

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