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Toronto propose de légaliser Uber, mais à certaines conditions

Toronto propose un nouveau cadre réglementaire pour Uber, le géant américain du covoiturage commercial, qui inclut une assurance responsabilité pour ses chauffeurs et l'inspection annuelle de leur véhicule.

Un texte de Michel Bolduc

Le maire John Tory dit que Toronto « modernise » finalement sa réglementation, en « faisant passer les intérêts des résidents en premier ».

Les chauffeurs de taxi, eux, dénoncent le plan du maire. 

Uber, pour sa part, se réjouit des nouvelles règles proposées. « Plutôt que de céder à l'intimidation et au lobby de l'industrie du taxi, affirme Jean-Nicolas Guillemette d'Uber Québec, la Ville de Toronto a aujourd'hui rejoint Ottawa et a décidé de prioriser l'innovation et les besoins de sa population en encadrant les services de covoiturage urbain. »

Le PDG d'Uber Canada, Ian Black, a dit, lui, vouloir étudier la proposition avant de la commenter, mais croit que de manière générale « les règles fournissent un cadre qui encourage le covoiturage et l'innovation ».

Changements proposés

Colère dans l'industrie du taxi

Uber dit avoir un demi-million d'abonnés à Toronto, une réalité difficile à ignorer pour les politiciens. Le succès de la compagnie dans le monde s'explique principalement par des tarifs moins élevés que ceux des taxis et la facilité d'usage (les clients peuvent se trouver un chauffeur grâce à une application pour téléphones intelligents).

En revanche, les conducteurs d'UberX ne possèdent pas une assurance commerciale, comme pour les taxis, et la hausse de leurs tarifs en période de grandes demandes a été décriée par les critiques.

La conseillère municipale Janet Davis dit que si la réglementation proposée aujourd'hui est adoptée, Uber sera récompensé après avoir « fait fi des directives de la Ville ».

Son collègue Jim Karygiannis donne l'exemple des frais de permis proposés : 290 $ pour les chauffeurs de taxi comparativement à 10 $ pour les conducteurs d'Uber.

Toutefois, d'autres villes canadiennes, comme Edmonton et Ottawa, ont déjà adopté une approche réglementaire similaire à celle qui est suggérée à Toronto. 

À San Diego, les clients d'Uber peuvent même utiliser Uber légalement pour se rendre à l'aéroport et en repartir, s'ils paient une surcharge. À l'opposé, le géant américain a quitté Calgary après que la Ville eut obtenu une injonction contre la compagnie.

De son côté, la directrice du service des permis à Toronto, Tracey Cook, affirme que la réglementation sur la table est « équilibrée » et comprend des allégements pour l'industrie du taxi, dont une réduction des frais de permis.

Toronto a tenté l'an dernier de bloquer Uber grâce à une injonction, mais a été déboutée par les tribunaux. Le conseil municipal a ensuite rejeté une première proposition de cadre réglementaire, d'où la deuxième proposition des fonctionnaires dévoilée ce matin. 

Le comité des permis débattra de cette nouvelle réglementation la semaine prochaine, avant un vote au conseil municipal.

La proposition sur la table prévoit aussi une augmentation du nombre de taxis accessibles aux personnes handicapées, grâce notamment à l'émission de permis additionnels de chauffeurs. 

 

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