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Toute une industrie est déjà prête pour la « ruée vers l'or vert »

Le premier ministre désigné Justin Trudeau n'est pas encore assermenté que les entrepreneurs sont déjà sont nombreux à attendre qu'il se penche sur la légalisation de la marijuana à des fins récréatives, une de ses nombreuses promesses électorales. Toute une industrie est prête à produire et à vendre du cannabis; elle n'attend plus que le feu vert d'Ottawa.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Alors qu'une victoire des libéraux devenait de plus en plus probable lors des dernières élections, la valeur du titre de nombreuses entreprises inscrites en bourse a grimpé en flèche. Par exemple, l'action de Canopy Growth a bondi de près de 68 % au mois d'octobre seulement.

Cap sur la production

Si pour l'instant il est difficile de chiffrer exactement à combien s'élèverait le marché canadien du cannabis à usage récréatif, le directeur général d'Hydropoticaire, Sébastien St-Louis, voit grand pour son entreprise, la seule établie au Québec qui a obtenu un permis de Santé Canada pour produire de la marijuana thérapeutique. « On a des grands plans d'expansion », affirme-t-il, espérant obtenir « une grande part » d'un marché qui pourrait valoir « 8 milliards de dollars dans les prochaines années ».

La ruée vers l'or vert est commencée

Tweed est une entreprise inscrite en bourse. Elle mentionne avoir investi 65 millions de dollars jusqu'à maintenant. Son cofondateur Bruce Linton croit qu'on verra apparaître les premiers points de vente de marijuana récréative d'ici un an. « Je suis optimiste », dit-il.

Vers plus de producteurs?

Le Canada compte actuellement 26 producteurs autorisés par Santé Canada à faire pousser du cannabis à des fins thérapeutiques. Mais depuis l'entrée en vigueur du Règlement sur la marihuana à des fins médicales, 1012 demandes ont été refusées ou retirées et 389 demandes sont toujours à l'étude. Est-ce qu'une légalisation à grande échelle mènerait à davantage de producteurs?

Les premiers producteurs

Les 26 licences autorisées par Santé Canada valent leur pesant d'or. Militant, donateur au Parti libéral du Canada et directeur du Club Compassion, Marc Boris St-Maurice suit le dossier depuis des années : « C'est sûr que les gens qui ont déjà des permis de Santé Canada et qui sont cotés en bourse à des centaines de millions de dollars doivent avoir une équipe de lobbyistes prête à partir », devine-t-il. Mais selon lui, rien n'est gagné d'avance. « Il faut faire attention. Plein de gens vont spéculer. Tout le monde voit la "ruée vers l'or vert". Ça se pourrait, mais beaucoup vont perdre leur chemise dans le processus », croit-il.

Contre la légalisation

Si de nombreux producteurs se réjouissent d'une éventuelle légalisation de la marijuana à des fins récréatives, des médecins s'y opposent. « Il y a des problèmes reliés à la dépendance, des problèmes reliés à l'intoxication. Le cannabis n'est pas une drogue sociale, c'est une drogue d'intoxication », explique le docteur Jean-Pierre Chiasson.

Tous les yeux sont maintenant tournés vers Ottawa, car il reste une grande question : quel est le plan de Justin Trudeau pour légaliser le cannabis?

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