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Traçabilité des produits marins : « nous devons être mieux préparés » dit le ministre LeBlanc

L'industrie de la pêche doit mieux se préparer aux nouvelles règles sur la traçabilité des produits de la mer qui entreront en vigueur aux États-Unis l'an prochain, selon le ministre des Pêches du Canada, Dominic LeBlanc.

« Il faut augmenter notre niveau de préparation pour démontrer aux Américains que nos produits répondent aux nouveaux critères », dit-il.

Avant de quitter le pouvoir, le gouvernement Obama a mis en oeuvre le Programme de surveillance des importations de produits marins. Ce programme exige des renseignements beaucoup plus complets qu’avant.

Le but de ce programme : prévenir l’importation aux États-Unis de produits marins pêchés illégalement.

Il entrera en vigueur en janvier prochain.

Les nouvelles règles exigent de connaître, par exemple, le type de permis détenu par les pêcheurs, les engins de pêche utilisés, la date et le lieu de capture des espèces, le quai où elles ont été débarquées et le premier acheteur.

Les règles ont été rendues publiques le 8 décembre et ont aussitôt fait l’objet d’une action en justice, menée par de grandes entreprises américaines de produits marins et des transformateurs de la côte ouest canadienne, qui estiment que le gouvernement américain outrepasse ses pouvoirs.

Ottawa collabore

Toutefois, le gouvernement canadien travaille depuis des mois avec le gouvernement américain pour implanter ce nouveau régime, précise le ministre Dominic LeBlanc.

« Notre position initiale consiste à collaborer avec les Américains pour s’assurer que cette initiative louable donne les résultats attendus, mais sans nuire à l’industrie canadienne », dit-il.

Les règles américaines visent à prévenir des pratiques comme l’étiquetage frauduleux de produits marins ou la vente dans les supermarchés américains de produits pêchés par des bateaux asiatiques où les conditions de travail s'apparentent à l’esclavage.

Pour prévenir ces pratiques, les exportateurs devront établir une « chaîne de possession », du bateau jusqu'à la frontière américaine.

13 espèces concernées

Ces règles s’appliqueront en priorité à 13 espèces. Des espèces phares en Atlantique comme le homard, le crabe des neiges, les pétoncles et la plupart des poissons de fond n’en font pas partie, mais la morue de l’Atlantique et le concombre de mer oui, ainsi que des espèces de haute mer comme le thon, l’espadon, le mahi-mahi et les requins, régulièrement capturés au large de la Nouvelle-Écosse.

En 2016, en fait, des détenteurs de permis de pêche à l’espadon de la Nouvelle-Écosse ont exporté vers les États-Unis 7 des 13 espèces de poisson comprises dans la liste américaine.

Selon le président de l’association des pêcheurs d’espadon de la Nouvelle-Écosse, Troy Atkinson, ce sera un défi de développer d’ici un an les dossiers électroniques qui permettront de se conformer aux nouvelles règles américaines.

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) a adopté un tel système pour assurer la traçabilité des thons l’an dernier, mais il a fallu trois ans pour le mettre au point, selon M. Atkinson.

La poursuite déposée par des entreprises américaines allègue que les nouvelles règles vont coûter 100 millions de dollars à leur industrie et aux contribuables américains, une somme énorme et injustifiée selon elle.

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