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« Traire » des étoiles de mer pour des produits de beauté

Stephen Stewart veut « traire » 100 000 étoiles de mer cette année. Avec son équipe, cet ancien pêcheur de moules de l'Île-du-Prince-Édouard recueille un fluide présent chez ces animaux marins. Ce liquide est destiné à l'industrie des produits cosmétiques.

Les étoiles de mer sont des animaux connus pour leurs capacités régénératrices. « S’ils perdent un bras, un nouveau pousse. Si vous cassez une étoile de mer en deux, elle devient deux étoiles », explique Stephen Stewart.

Ce que recherchent ces mariculteurs, ce sont les fluides qui se trouvent à l’intérieur de l’étoile de mer et qui lui permettent de se régénérer.

Dans les ports de l’Île-du-Prince-Édouard, des travailleurs transfèrent délicatement les étoiles de mer d’un bassin d’eau salée à un tapis roulant, qui achemine les animaux vers l’équipement d’extraction du liquide.

Les étoiles de mer y sont suspendues à la verticale, et leur fluide s’écoule dans un récipient.

Le liquide qui est extrait des étoiles de mer n’est pas du sang. Il s’agit de liquide cœlomique.

Celui-ci est filtré trois fois, congelé et expédié au Québec pour sa transformation. L’étoile de mer est quant à elle remise à l’eau.

« Un des éleveurs m’a dit qu’il se sent comme un fermier qui trait les vaches », relate M. Stewart.

Ce procédé d’extraction est sans danger pour les étoiles de mer, assure Stephen Stewart. « Vous leur prenez un peu de fluide, et elles retournent à l’eau. Ça ne prend que quelques jours et elles sont à 100 % à nouveau », dit-il.

Les étoiles de mer sont un fléau bien connu des pêcheurs de moules de l’Île-du-Prince-Édouard. Ces échinodermes sont des prédatrices de plusieurs mollusques et s’installent sur l’équipement de pêche.

Stephen Stewart dénombre chaque étoile de mer dont le liquide cœlomique est extrait. Comme les animaux sont remis à l’eau, il est possible qu’ils repassent par le même procédé. Il n’y a toutefois pas moyen de savoir si ce sera le cas, puisque l’équipe de M. Stewart s’est rapidement rendu compte que de « marquer » les étoiles de mer pour les reconnaître dans le futur était une tâche colossale compte tenu de leur nombre.

L’entreprise québécoise de biotechnologie innoVactiv vend, sous le nom de « juventide », l’ingrédient obtenu des étoiles de mer, à des compagnies qui fabriquent des produits cosmétiques.

Avec les informations de Brian Higgins de CBC

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