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Trans Mountain : l'Albertaine Rachel Notley continue son bras de fer avec la C.-B.

Avec l'alliance du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Parti vert en Colombie-Britannique, la première ministre de l'Aberta affirme que la province voisine ne peut revendiquer l'exclusivité de ses côtes. Rachel Notley met en garde les détracteurs du pipeline Trans Mountain.

Elle estime qu'il faut que l'Alberta soit en mesure de « s'engager dans le commerce international et que la province est en train de le faire ». Par conséquent, la Colombie-Britannique doit permettre à la province qui ne possède aucun littoral d'avoir accès aux côtes pour ses exportations, assure Rachel Notley.

« En fin de compte, nous ne pouvons pas être un pays qui dit que l'une de ses deux côtes fonctionnelles ne sera exploitée que selon les volontés de la population qui vit à côté », a déclaré, mercredi, Mme Notley sur les ondes de CBC Edmonton.

Un intérêt national?

Les néo-démocrates et les Verts de la Colombie-Britannique ont signé mardi une entente politique de quatre ans qui comprend, entre autres, un plan pour freiner le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan. Malgré l'opposition de ses homologues de l'Ouest, la première ministre albertaine persiste et signe : le pipeline ira de l'avant. L'oléoduc Trans Mountain qui relie la région d'Edmonton à Burnaby a été approuvé par l'Office national de l'énergie et aucune province ou nouvelle alliance politique nouvellement constituée n'a le pouvoir de renverser cette approbation, insiste Rachel Notley.

La chef de file du NPD de l'Alberta invoque la Constitution en rappelant que le Canada est composé de dix provinces et de trois territoires avec le même engagement les uns envers les autres. Elle ajoute que celle-ci « stipule que le gouvernement fédéral a la responsabilité ultime en ce qui concerne les projets d'infrastructure ».

La loi en sa faveur

Bien que les arguments de Rachel Notley soient fondés, les tensions politiques croissantes pourraient entraver davantage les progrès de ce projet d'oléoduc, prévient Eric Adams, professeur agrégé en droit de l'Université de l'Alberta. Mais il est vrai qu'en vertu de la Constitution, le premier ministre Justin Trudeau a le pouvoir de déclarer le projet comme un « avantage général du Canada », ce qui permettrait à Ottawa d'en assumer le contrôle, précise-t-il.

Toutefois, les gouvernements provinciaux et municipaux pourraient considérer une telle décision comme indigne, estime le professeur de droit. De plus, rien n'exclut que la Colombie-Britannique sème des obstacles réglementaires à la construction de ce pipeline en se servant des tribunaux et du processus de permis environnementaux.

Eric Adams n'écarte pas non plus la possibilité que la Colombie-Britannique définisse d'autres conditions qui rendent la vie difficile à Kinder Morgan et à son pipeline.

De son côté, Kinder Morgan Canada rappelle aussi que tout le processus a été respecté. Le géant énergétique a déclaré, par communiqué de presse : « Avec le financement en place et [le premier appel public à l'épargne], nous commençons à attribuer des contrats importants et nous avançons dans les ententes de prestations que nous avons mises en place avec les collectivités autochtones et locales ».

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