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Trans Mountain : les sanctions contre la C.-B. se précisent

Le gouvernement fédéral n'a pas encore annoncé comment il entend faire pression pour que l'expansion du pipeline Trans Mountain soit construite, alors que l'Alberta peaufine un projet de loi qui imposerait des sanctions économiques à la Colombie-Britannique.

Le tout après l'annonce de Kinder Morgan qu'elle songe à abandonner son projet. L'Alberta, productrice de pétrole, tient fermement à l’expansion du pipeline qui relie Edmonton à Burnaby, en Colombie-Britannique, et qui vise à en tripler la capacité. Elle se dit même prête à acheter le projet pour s’assurer qu’il soit construit.

La ministre de l’Énergie de l’Alberta, Marg McCuaig, soutient que le projet de loi pourrait prendre différentes formes. « Ce projet de loi nous donnera des outils pour faire face aux conséquences si la Colombie-Britannique continue de faire ce qu’elle fait. Et des sanctions économiques seront l’un [de ces outils] », a-t-elle soutenu sans donner plus de détails. Le projet de loi devrait être présenté la semaine prochaine.

La première ministre, Rachel Notley, a dit ne pas être fermée à l’idée de suspendre de nouveau les importations de vins britanno-colombiens. À la fin février, l’Alberta avait levé l’embargo qu’elle avait précédemment imposé sur le vin de sa province voisine en représailles aux positions de la Colombie-Britannique sur l’oléoduc.

Rachel Notley rencontre Bill Morneau

John Horgan estime qu’il s’agit d’un geste provocateur. Le premier ministre britanno-colombien craint notamment que l’Alberta ne coupe les livraisons de pétrole vers sa province. Des experts ont dit que cette mesure risquerait d’avoir des conséquences dévastatrices.

Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a rencontré la première ministre Rachel Notley, mercredi, à la suite d’une réunion spéciale du Cabinet de Justin Trudeau la veille.

Il a répété qu'Ottawa entendait s'assurer que l'expansion du pipeline aille de l'avant, sans s'engager sur les moyens qui seront mis en oeuvre. « Notre gouvernement n'est pas encore arrivé à une conclusion et nous n'avons pas eu de discussions avec les provinces et le promoteur pour me permettre de dire comment ça va se passer », a-t-il répondu aux journalistes.

Il n'a pas écarté une possible participation financière du Fédéral dans le projet.

Bill Morneau dit vouloir travailler avec toutes les parties prenantes de ce projet « qui est dans l'intérêt des Canadiens », comme il l'a répété. Toutefois, il ne veut pas négocier publiquement avec elle sur les options qui s’offrent au gouvernement pour s’assurer que l’expansion soit réalisée.Rachel Notley a dit qu'elle n'était pas complètement satisfaite de la rencontre, mais a souligné que Bill Morneau l'avait assuré qu'Ottawa agirait rapidement.

Une question pour la Cour suprême

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique fédéral Jagmeet Singh estime que la Cour suprême du Canada devrait être appelée à trancher sur la bagarre juridique qui se dessine au sujet de l’oléoduc. Il propose que le gouvernement fédéral soumette un renvoi conjointement avec la Colombie-Britannique. Il est difficile de savoir combien de temps la Cour prendrait pour répondre à un tel renvoi, mais dans d’autres cas le tribunal a mis plusieurs mois avant de leur donner une réponse.

« Nous ne voyons pas l'intérêt [de saisir la Cour] parce que nous savons que c'est de notre compétence », a rétorqué Bill Morneau.

En février, le gouvernement britanno-colombien a annoncé qu’il se tournerait vers les tribunaux pour savoir s’il peut limiter le flux de pétrole dilué à être transporté par le pipeline Trans Mountain.