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« Trans Mountain ne sera jamais construit », promet un chef autochtone

Des porte-paroles autochtones et des élus de la Colombie-Britannique ont réaffirmé lundi leur opposition au projet d'expansion du pipeline Trans Mountain au lendemain d'une rencontre entre le premier ministre provincial, John Horgan, la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, et Justin Trudeau, à Ottawa.

Un texte de Fanny Bédard

« Le pipeline Trans Mountain ne sera jamais construit », a soutenu le président de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC), le grand chef Stewart Philip. Il lance cet avertissement une semaine après que la pétrolière Kinder Morgan a laissé entendre qu’elle pourrait abandonner le projet. La compagnie affirme qu’elle ne souhaite pas investir davantage dans un projet dont l’avenir est incertain.

Avant que le grand chef Stewart prenne la parole, d’autres représentants autochtones ont également réitéré leur opposition au projet, comme Khelsilem Dustin Rivers, un élu pour la nation Squamish. « Ce pipeline et ces pétroliers qui traverseront notre territoire n’ont pas reçu votre consentement en tant que nation, a déclaré M. Rivers . C’est de notre responsabilité de nous assurer que notre territoireexiste pour les générations futures et de le protéger ce territoire pour nos enfants et leurs enfants ».

Il soutient que Justin Trudeau n’a pas tenu sa promesse de changer les relations avec les Premières Nations. Il ajoute que des décisions des tribunaux sont toujours attendues relativement à ce projet qui vise à tripler la capacité de l’oléoduc reliant l’Alberta à la Colombie-Britannique.

Pour sa part, le député fédéral néo-démocrate de Burnaby, Kennedy Stewart, estime que Justin Trudeau a mal géré le dossier du pipeline et que le sujet a maintenant pris l’allure d’une crise nationale.

Le maire de Burnaby, Derek Corrigan, un fervent opposant au pipeline, a profité de cette tribune pour lancer des flèches à la pétrolière Kinder Morgan : « C’est une organisation qui ne veut simplement pas suivre les règles. »

M. Corrigan soutient que la Ville se battra contre le projet jusqu’à son dernier souffle. Selon lui, il s’agit d’une bataille pour montrer qui a le contrôle des institutions démocratiques : les citoyens ou les sociétés multinationales.

Si l’Alberta tient à ce que l’expansion du pipeline ait lieu, le projet fait face à de l’hostilité en Colombie-Britannique, même si des acteurs du milieu des affaires défendent le projet. Le premier ministre John Horgan continue d’ailleurs à marteler qu’il entend avoir recours à la justice pour savoir si la province peut limiter l'acheminement de pétrole dilué sur son territoire.

Lundi soir, un débat d’urgence sera tenu à la Chambre des communes à Ottawa pour tenter de dénouer l’impasse.