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Trans Mountain pourrait devenir l’enjeu majeur des élections en C.-B.

À six mois des élections provinciales en Colombie-Britannique, l'approbation du projet Trans Mountain de Kinder Morgan donne du grain à moudre à saveur électorale. Selon Nicolas Kenny, professeur à l'Université Simon Fraser (SFU) et observateur politique, ce sujet pourrait peser sur l'issue du scrutin le 9 mai prochain.

Alors que Christy Clark se montre ouverte à l'approbation du projet à condition qu'il respecte les cinq conditions de la province, John Horgan, le chef de l'opposition néo-démocrate, accuse la première ministre d'avoir failli à son devoir de défendre la province.

« La Colombie-Britannique a donné la chance à Christy Clark de protéger notre côte et elle a préféré mettre le bien-être de riches donateurs devant celui des communautés locales, des Premières Nations et de l’environnement », a lancé John Horgan.

Christy Clark et les libéraux de la Colombie-Britannique n’ont rien fait pour défendre nos côtes. Nous l’avons fait et continuerons de le faire.

John Horgan, chef de l'opposition NPD

Kinder Morgan déjà présent durant l’élection de 2013

Lors de sa première prise de parole publique au lendemain de l’approbation de Trans Mountain, Christy Clark a invité Justin Trudeau à se confronter en personne aux Britanno-Colombiens pour leur expliquer les raisons de sa décision.

Une manière, pour la dirigeante britanno-colombienne, de se désolidariser, même si les deux premiers ministres appartiennent à la mouvance libérale. Et pour cause : pour Christy Clark, c'est sa réélection qui se joue et chaque faux pas peut être fatal.

« Il y a une lutte qui se dessine entre les deux principaux partis qui pourrait devenir un des enjeux, voire l’enjeu majeur des prochaines élections », prévoit Nicolas Kenny.

Un enjeu qui était déjà sur la table lors des dernières élections. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait alors claironné son opposition à Trans Mountain, sauf qu'à l'époque, le projet était méconnu et ne passionnait pas encore les foules.

Percée possible pour les verts?

Quatre ans plus tard, de nombreuses discussions et rebondissements ont eu lieu. Les environnementalistes, plusieurs Premières Nations et des groupes scientifiques sont aussi entrés dans le débat désormais omniprésent pour les Britanno-Colombiens. Plusieurs déversements et l’accord de Paris ont également fini d’enfoncer le clou.

« Les partis recherchent tous un enjeu qui va les différencier des autres. C’est ce qui s’est produit en 2013 à la défaveur du NPD. Et selon l’ampleur de la mobilisation des opposants, le scénario pourrait se rejouer à l’envers en 2017 à l’avantage du NPD, car on sent qu’il y a vraiment une grogne », explique Nicolas Kenny.

Mais selon le professeur, les néo-démocrates ne vont pas être les seuls à jouer la carte Kinder Morgan contre les libéraux.

« Le fait qu'il y ait une question environnementale qui soit aussi centrale pour une campagne électorale pourrait donner un levier au Parti vert. Maintenant, historiquement au Canada, les tierces parties ont toujours eu du mal à percer. Ça va donc être intéressant de voir si les verts arrivent à se saisir de l'enjeu et à se démarquer », conclut-il.

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