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TransCanada n'écarte pas l'idée d'un autre port maritime pour le Québec

Malgré l'échec du port de Cacouna, TransCanada souhaite toujours exporter du pétrole à partir du Québec, et ce, alors que des experts estiment que le projet Énergie Est traîne à l'heure actuelle plusieurs « déficits » en matière d'acceptabilité sociale.

Un texte de Laurence NiosiTwitterCourriel et de Christine BureauTwitterCourriel

C'est ce qui ressort de la dernière journée de consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) au sujet du controversé projet d'oléoduc. La séance de jeudi à Lévis marquait la fin de la première partie d'une audience en marche depuis le 7 mars dernier.

En après-midi, le directeur principal d'Équiterre, Steven Guilbault, a soulevé le fait que le promoteur avait déposé un document selon lequel des producteurs de l'Ouest chercheraient toujours à expédier 270 000 barils de pétrole par jour depuis le Québec.

« Des pourparlers avec les expéditeurs touchés se poursuivent relativement au traitement de ces volumes », lit-on dans un document de TransCanada.

Louis Bergeron, vice-président Québec et Nouveau-Brunswick du projet d'oléoduc Énergie Est, a reconnu qu'il y avait « un désir des producteurs » d'avoir accès à un port pétrolier du Québec.

Rappelons que TransCanada prévoit transporter 1,1 million de barils de pétrole par jour - avec un maximum de 1,25 million, a-t-on appris jeudi - de l'Ouest canadien jusqu'au Nouveau-Brunswick.

L'an passé, après des mois de controverse, la compagnie TransCanada a décidé d'abandonner son projet de terminal maritime à Cacouna, au Québec.

Par ailleurs, TransCanada a confirmé jeudi que l'Alberta s'est engagée, en 2013, à expédier 100 000 barils de pétrole quotidiennement par l'oléoduc Énergie Est. Cette entente tient toujours, malgré l'arrivée au pouvoir des néo-démocrates.

TransCanada écorchée

En soirée, les présentations et les questions se sont tournées pour la première fois vers les impacts sociaux et l'acceptabilité sociale du projet. Selon les experts de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), les démarches entamées jusqu'ici par TransCanada débouchent sur un triple déficit, soit de crédibilité, de légitimité et de « soutenabilité ».

Il est notamment reproché à TransCanada d'avoir soumis des réponses incomplètes aux questions qui lui ont été posées. Le promoteur aurait également une « approche fermée » sans ouvrir la porte à la transition énergétique en cours.

Dès la fin de la présentation des experts, la commission a été interrompue une dizaine de minutes par des manifestants autochtones venus rappeler leur opposition au projet, mais aussi l'exclusion des communautés autochtones lors des consultations du BAPE.

Or, sans dépôt d'un avis de projet - ce que TransCanada a toujours refusé de faire -, le BAPE n'a pas à consulter ces communautés, maintient le ministre de l'Environnement, David Heurtel.

TransCanada admet des « faiblesses »

En réponse aux critiques lancées par les experts, M. Bergeron a reconnu que TransCanada a fait plusieurs erreurs par le passé, mais qu'elle s'engageait à rétablir une bonne communication avec les parties prenantes au projet.

Selon lui, l'entreprise albertaine est « convaincue » que la « science et l'expérience » lui permettent d'exploiter un oléoduc avec un risque « tout à fait acceptable ».

Durant leur présentation, les experts ont précisé que ce sont les citoyens qui ont un « lien étroit » avec le territoire qui subissent le plus de perturbations psychologiques et qu'il y a une « corrélation importante » entre un déversement et l'augmentation de ces perturbations dans la littérature.

Selon les propriétaires fonciers touchés par le projet qui se sont présentés devant le BAPE, le projet est difficile à digérer et plusieurs se sentent dépassés par la situation.

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