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Transformation des médias : la qualité comme valeur ajoutée!

Près des deux tiers des gens s'informent par l'entremise des médias sociaux aux États-Unis. Selon une étude de l'institut Pew, c'est 62 % des adultes américains qui vont chercher leurs nouvelles ainsi, en passant surtout par Facebook.

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

C'est un changement majeur dans la « consommation » de l'information qui oblige tous les grands groupes de médias à repenser leur offre. Mais, comme l'expliquait Olivier Royant, directeur de la rédaction du Paris Match, à RDI économie mercredi dernier, l'avenir des grands groupes médiatiques n'est pas nécessairement compromis.

L'avantage qu'une entreprise comme la sienne détient, c'est la force de sa marque. La réputation et la crédibilité sont des avantages indéniables sur lesquels les grands groupes comme la BBC, France 2 ou Radio-Canada doivent miser. Ces entreprises se sont bâties sur la qualité de leurs contenus. Il faut continuer. Peu importe le canal de diffusion, l'élément fondamental qu'est le contenu doit demeurer fort, solide, crédible.

« Le rapport entre le lecteur et la presse n'a pas vraiment changé, a dit Olivier Royant. C'est un rapport de confiance. [...] Ce que nous disent nos lecteurs, c'est que nous venons vers vous parce que nous avons confiance en vous. » C'est vrai pour Paris Match à l'écrit. C'est vrai pour tous les grands groupes médiatiques. Ce qui est important, selon le directeur de la publication française, c'est l'authenticité et la véracité.

« Il y a un paradoxe, soulève-t-il. Vous avez des tendances qui sont baissières dans le monde entier, en particulier en Europe et en Amérique du Nord sur les magazines. La vente au numéro dans les kiosques, dans les points de vente, baisse. Et pourtant, dans notre cas par exemple, l'audience globale monte. Ça veut dire qu'avec les nouveaux médias, avec les tablettes, avec le mobile, avec notre développement sur les nouvelles plateformes, nous touchons un nouveau public. » Avec un contenu toujours attirant, mais offert différemment.

Raconter des histoires

Le défi pour les journalistes, c'est de bien raconter les histoires. C'était vrai avant l'arrivée d'Internet, c'est toujours vrai maintenant. Aujourd'hui, toutefois, on raconte ces histoires en alliant de la vidéo, des photos, des textes, des graphiques, en s'adressant à des gens dont l'attention est difficile à capter.

« Nous consultons notre téléphone portable 110 fois par jour, dit Olivier Royant. C'est absolument incroyable. Les adolescents, c'est deux fois plus! Internet a été fondé comme un média d'interruption. Et aujourd'hui, on a l'impression que beaucoup de marques de médias se battent sur ce journalisme de l'interruption. [...] Mais il ne faut pas déserter l'autre domaine qui est le plus important pour nous, c'est la qualité journalistique, l'excellence journalistique. »

C'est pour ça que les médias sont sur Facebook et sur les mobiles. Si les gens sont là pour s'informer, il faut donc aller leur livrer une information de qualité à cet endroit. Bien sûr, les gens écoutent encore la radio et regardent encore les bulletins de nouvelles à la télé, l'enquête de Pew le confirme. Mais, peu importe la source consultée, la valeur ajoutée des grands médias va toujours demeurer la qualité de leur contenu, leur crédibilité et leur réputation. C'est ce qu'il faut protéger.

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