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Transport des grains: la Fédération canadienne de l'agriculture tire la sonnette d'alarme

Les membres de la Fédération canadienne de l'agriculture (FCA) dénoncent les délais de livraison de leurs grains par les sociétés ferroviaires. La situation touche particulièrement les agriculteurs des provinces de l'Ouest.

Pour les fermiers, la situation est stressante sur le plan financier, mais aussi pour la planification de leurs récoltes. Il y a des arriérés dans la livraison des produits à cause de problèmes dans le transport ferroviaire de céréales.

De leur côté, le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP) montrent du doigt les conditions hivernales difficiles, une demande plus élevée, et un manque de personnel et de wagons.

Les céréales se retrouvent donc coincées dans les Prairies canadiennes, incapables de se rendre à destination.

Si leurs produits ne sont pas livrés, les fermiers ne sont pas payés.

« À la fin de la journée, on doit quand même payer nos factures », explique Todd Lewis, directeur de la FCA et président d’Agricultural Producers Association of Saskatchewan.

« Ce sont les fermiers qui paient pour les délais et pas les sociétés de céréales ou les chemins de fer », ajoute Dan Mazier, directeur de la FCA et président de Keystone Agricultural Producers of Manitoba.

Un rappel de la crise de 2013-2014

« Pour les fermes individuelles, c’est aussi pire que ce l’était en 2013-2014 », indique Todd Lewis. Il fait référence à la crise de transport de 2013-2014 pendant une récolte de grains record dans l’Ouest. En mars 2014, le gouvernement avait forcé les compagnies ferroviaires à transporter des quantités minimums de grains pour assurer un approvisionnement efficace, mais cette mesure a échu un an plus tard.

La problématique ne date pas d’hier. Cela fait plusieurs années que les agriculteurs de l’Ouest canadien demandent l’amélioration du réseau de transport des céréales.

Ron Bonnett, le président de la FCA, explique que la crédibilité des fermiers canadiens est en jeu et que si la problématique continue, les clients internationaux vont aller voir ailleurs. « Ce n’est pas seulement à propos des fermiers, mais aussi à propos du service », dit-il.

Projet de loi C-49

Le ministre du Transport et celui de l'Agriculture souhaitent que le Sénat adopte rapidement le projet de loi C-49. Ce projet de loi « pour moderniser la Loi sur les transports au Canada » est devant le sénat. Il imposerait des pénalités financières aux entreprises ferroviaires qui ne respectent pas les délais de livraison.

Entre-temps, les fermiers veulent un plan pour les aider immédiatement à régler leurs problèmes de transport. « On a besoin des outils en place pour protéger les fermiers pendant cette période de transition. On ne peut pas attendre que cette crise perdure, dit Ron Bennett. Les gens oublient l’aspect humain. Les gens souffrent et leurs familles aussi. C’est une problématique plus sérieuse que M. Garneau pense. »

Suite à la conférence de presse de jeudi matin, les députés conservateurs membres du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, Luc Berthold et John Barlow vont demander au Comité permanent de tenir une réunion d’urgence pour trouver des solutions à la crise du grain.

« Nous pressons les libéraux de reconnaître cette crise et d’agir immédiatement et d’aider les agriculteurs canadiens et les familles à récolter les fruits de leur dur travail », ont déclaré Luc Berthold et John Barlow.

Réaction du Canadien National

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le Canadien National admet être 3 % sous la moyenne des céréales en vrac transportées par train. L’entreprise peut déplacer 4000 wagons de grains canadiens par hiver. Cet hiver, la moyenne est plutôt 3973.

« Ce n’est pas seulement un problème d’agriculture, c’est un problème canadien. Plusieurs autres industries sont touchées par ceci. Tout le système est ralenti parce qu’il y a trop d’activité sur les chemins de fer », dit Todd Lewis.

« On reconnaît que les conditions difficiles de cette année, combinées avec une grande demande de toutes les marchandises, ont eu un réel impact sur notre performance et sur le service que nous avons fourni dans les dernières semaines. Alors que la météo continue de s’améliorer, la fluidité de notre réseau s’améliorera », explique Jonathan Abecassis, le directeur des relations avec les médias au CN.

La compagnie annonce que d’ici la fin du mois de mars, 400 nouveaux conducteurs s’ajouteront, ainsi que 375 de plus d’ici la fin du mois de juin.

« Nous sommes prêts à déployer 3,2 milliards $ pour adresser les points faibles et ajouter de la capacité », explique Jonathan Abecassis.

Avec des informations de Camille Gris Roy.