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Trois embûches sur la route menant au Cercle de feu

Le projet de développement du gisement minier du Cercle de feu a franchi une nouvelle étape cette semaine avec l'annonce de la construction d'une route vers la région. Il reste cependant des dossiers épineux à régler avant de commencer le dynamitage. En voici trois :

Un texte de Jean-Loup Doudard

1. FRICTIONS AU CONSEIL AUTOCHTONE DE MATAWA

Les Premières Nations de Webequie, Nibinamik et Marten Falls se sont jointes au gouvernement ontarien pour le projet de route menant au Cercle de feu. Selon le tracé proposé, ces communautés autochtones auront accès à cette route à longueur d’année par des voies secondaires.

Or, ces trois Premières Nations font partie du conseil de bande de Matawa, qui réunit neuf communautés autochtones de la région. Deux d’entre elles, Neskantaga et Eabametoong (aussi appelée Fort Hope), sont situées près de la route proposée, mais aucune voie secondaire n’est prévue pour relier leur communauté au réseau routier provincial.

Dans un communiqué de presse diffusé mercredi, les anciens et les chefs de Webequie et Nibinamik défendent leur position.

Les deux Premières Nations annoncent qu’elles seront prêtes à collaborer avec leurs communautés avoisinantes lorsque celles-ci seront prêtes à explorer leurs propres options de routes permanentes.

2. UN RELIEF TRÈS ACCIDENTÉ

La route qui mène au Cercle de feu doit passer par des marécages, des ravins et la rivière Attawapiskat, notamment.

Construire une route permanente dans un tel environnement n’est pas une mince affaire, d’après l’ingénieur Nabil Batrouny, qui a travaillé sur des projets routiers dans la région d’Attawapiskat.

Il faut trouver de l’aggrégat, c’est-à-dire du matériau pour constituer la base de la route, comme du gravier. Or, ces matériaux ne sont pas communs dans le Nord. Il faudra donc les faire venir d’ailleurs en Ontario.

De plus, des matériaux spécialisés sont nécessaires pour passer par-dessus les marécages et les tourbières présents dans la région.

Finalement, la rivière Attawapiskat présente un défi de plus, car au lieu de fondre graduellement, la glace s’accumule durant l’hiver. Le pont qui doit l’enjamber doit donc être renforcé pour faire face au danger d’érosion.

La province pourrait également décider d’utiliser un transbordeur à câble afin de remorquer les véhicules par-dessus la rivière. Ce scénario comporte cependant le risque de bloquer la route lorsque la rivière est complètement gelée, ce qui peut arriver jusqu’à deux mois par année, explique Nabil Batrouny.

Une route de gravier permanente dans cette région coûte environ 3 millions de dollars par kilomètres, selon l’ingénieur.

3. OÙ AFFINER LA CHROMITE ?

Les compagnies minières ont découvert du cuivre, du nickel, mais aussi ce qui semble être le plus important gisement mondial de chromite, un métal utilisé pour produire de l'acier inoxydable.

Noront Resources, qui détient les droits d’exploitation du gisement de chromite, est toujours à la recherche d’un site pour construire une affinerie.

Grâce à la route qui assurera un lien permanent au réseau routier provincial, quatre villes du nord sont toujours en lice, soit Thunder Bay, Sault-Ste-Marie, Timmins et Sudbury.

Sudbury et Timmins ont fait part, dès 2011, de leur intérêt pour accueillir une éventuelle affinerie de chromite, alors que le gisement était toujours le projet de Cliff Natural Resources.

Le président de Noront Resources, Allan Coutts indique qu’une décision pourrait être prise dès la fin de l’année.

La compagnie minière a toutefois l’intention d’utiliser les fonderies de nickel de Sudbury pour y traiter ce métal.

Avec des informations d’Angela Gemmill, de CBC News

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