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Trois localités de l'Outaouais se mobilisent contre Desjardins

Après la municipalité de Ripon dans la Petite-Nation, deux autres petites localités de l'Outaouais viennent d'apprendre qu'elles vont perdre les services offerts par les Caisses Desjardins dès cet été. Mais leurs maires ne comptent pas se laisser faire.

La Ville de Plaisance perdra son guichet et Notre-Dame-de-la-Salette, son comptoir et son guichet.

Le maire de Notre-Dame-de-la-Salette, Denis Légaré, n'a pas l'intention de rester les bras croisés. Il a décidé de monter aux barricades et de suivre l'exemple des citoyens de Ripon qui ont lancé une pétition afin d'obliger la coopérative financière à tenir une assemblée générale des sociétaires de la Caisse.

« On va leur montrer une leçon », a affirmé M. Légaré. « S'ils l'ont oublié, on va leur rappeler que ça appartient à leurs membres, la Caisse populaire. »

M. Légaré veut aller chercher le nombre de sociétaires requis pour exiger la tenue d'une assemblée générale extraordinaire et forcer le Mouvement Desjardins à garder leur caisse populaire ouverte.

Le maire de Plaisance déçu

Dans la communauté de Plaisance, à compter du mois d'août, les résidents n'auront d'autres choix que de se rendre à Thurso ou Papineau pour effectuer des transactions bancaires, ou encore de les faire par Internet. Pour le maire de la communauté, Christian Pilon, c'est un dur coup pour les citoyens, surtout pour ceux qui n'utilisent pas le web pour effectuer leurs transactions.

 « Tout le monde sait que la décision vient du conseil d'administration à Montréal, mais on se serait attendu à avoir l'appui du CA de Thurso », a indiqué M. Pilon.

M. Pilon est en discussion avec d'autres institutions bancaires afin de ramener un service bancaire dans sa communauté. Il n'écarte pas non plus la possibilité d'unir ses efforts avec les maires de Ripon et de Notre-Dame-de-la-Salette pour trouver une solution viable.

Un volume de transactions trop bas

Le directeur général de la Caisse populaire du Coeur-des-Vallées, Philippe Harkins, affirme que l'institution a analysé le volume des transactions à Plaisance.

« Seulement 9 % des transactions se font au guichet automatique, donc 91 % des transactions autres, transactions courantes, se font par le mobile, soit l'Accès D Desjardins, soit différents modes de paiement direct ou autres qu'au guichet automatique », a soutenu M. Harkins, qui ajoute que des services au comptoir sont disponibles à quelques kilomètres seulement à Thurso.

« C'est sûr qu'on va accompagner les personnes âgées [qui n'utilisent pas l'Internet]. Il y aura un service de navette », indique M. Harkins.

Une assemblée générale extraordinaire à Ripon

À Ripon, un des organisateurs de l'opposition à la fermeture du seul guichet dans la petite localité dit avoir recueilli le nombre requis de signatures pour la tenue de l'assemblée extraordinaire.

Vincent Ouellette-Destroismaisons dit même avoir « dépassé largement, en dix jours, le nombre de signatures requises pour obliger la Caisse à tenir cette assemblée générale là d'ici deux mois selon les statuts et règlements ».

Le guichet à Ripon a été fermé le 11 janvier.

Avec les informations de Godefroy Macaire Chabi et de Christian Milette