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Trois provinces reconnues pour la production pétrolière en manque de travailleurs qualifiés

L'Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador se démarquent par leurs taux d'emplois vacants à long terme, selon des données de Statistique Canada pour l'année 2016.

En Alberta, 10,7 % des postes vacants ne sont pas pourvus avant 90 jours au moins, soit 4 494 postes, alors qu'en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador, le taux atteint 10,6 %. Le nombre de postes vacants pendant plus de 90 jours pour ces deux provinces est respectivement de 986 et 381.

La moyenne nationale se situe à 9 %. Seuls les territoires affichent des pourcentages plus élevés de postes non pourvus en moins de trois mois.

Au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, le taux atteint 15 %.

Les emplois plus spécialisés en mal de candidats

Alors que de nombreux Saskatchewanais peinent à trouver un emploi, les données de Statistique Canada indiquent qu’il existe maintes opportunités en gestion, en santé et en sciences qui tardent à être pourvues. Ce sont les postes qui exigent un diplôme de deuxième cycle universitaire qui sont les plus longs à pourvoir.

En Saskatchewan, 19 % des emplois spécialisés qui exigeaient plus qu’un baccalauréat sont restés inoccupés plus de 90 jours.

Ces chiffres ne surprennent pas Tracy Arno, recruteuse dans le domaine de la finance, du marketing et de la gestion.

« Les emplois en technologie sont difficiles à pourvoir, témoigne-t-elle. Pour les emplois de débutants autant que pour les postes exécutifs. »

L’Alberta fait face au même problème, ce qui rend la tâche d’attirer des travailleurs des provinces voisines encore plus ardue pour la Saskatchewan.

Recrutement extérieur

Selon Tracy Arno, les ressources locales sont difficiles à trouver. Les deux derniers postes de cadre pour lesquelles elle a recruté à Saskatoon ont été occupés par des candidats qui venaient d’une autre ville.

Le gouvernement de la Saskatchewan a indiqué par courriel que sa stratégie pour atteindre un équilibre dans le marché du travail se décline en quatre priorités :

  • adapter la formation professionnelle aux besoins de l’économie;
  • impliquer davantage les groupes sous-représentés dans la population active;
  • attirer les travailleurs qualifiés dans la province;
  • retenir les travailleurs qualifiés dans la province.

La réorientation professionnelle comme solution

Tracy Arno s’attend à ce que le taux de postes vacants à long terme diminuent dans les années à venir. Elle est convaincue que la réorientation et la rééducation font partie de la solution.

« Il va y avoir un creux, sans doute dans les secteurs manufacturier et ouvrier, peut-être un creux dans l’industrie du pétrole et du gaz. Est-ce que les employés peuvent être formés à nouveau pour obtenir un emploi qui est difficile à pouvoir? On n’en parle pas assez », souligne-t-elle.

Pour que ces nouvelles formations soient utiles, la recruteuse dit qu’il faut qu’elles soient rapides, efficaces et peu coûteuses pour les demandeurs d’emploi.