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Trudeau interpellé par l'industrie du bois d'oeuvre

À la veille de la visite du président américain Barack Obama à Ottawa, la pression s'accentue sur le premier ministre Justin Trudeau. Le bois d'oeuvre québécois devrait pouvoir être exporté sans taxes ni quotas, selon les acteurs de l'industrie qui font front commun pour faire reconnaître le nouveau régime forestier instauré en 2013.

Un texte de Caroline Lacroix

« Il nous apparaît nécessaire et plus que propice et à propos de prendre la parole collectivement et d'avoir cette coalition historique », a déclaré la ministre de l'Économie du Québec, Dominique Anglade, entourée d'une douzaine de représentants des secteurs manufacturiers, municipaux, patronaux et syndicaux. « Pour nous, il s'agit d'un véritable test de leadership alors que s'ouvre le Sommet nord-américain », a lancé pour sa part Benjamin Laplatte, du Conseil du patronat du Québec.

Lors de leur rencontre à Washington, en mars dernier, Justin Trudeau et Barack Obama s'étaient donné 100 jours pour trouver un terrain d'entente. Mais cette période de discussions intensives s'est terminée la semaine dernière sans résultat concret, ce qui inquiète grandement l'industrie forestière.

Le premier ministre Justin Trudeau a aussi déclaré la semaine dernière qu'il n'avait aucune annonce positive à faire et que l'enjeu était « extrêmement difficile ».

Tour à tour, les intervenants ont interpellé le gouvernement du Canada pour qu'il convainque les États-Unis que le nouveau régime québécois respecte les règles du libre-échange et que les usines américaines n'ont aucune raison de craindre une concurrence déloyale. Ottawa devrait en tenir compte, selon eux, pour s'opposer plus fermement au protectionnisme américain.

« Nous sommes convaincus que notre régime répond adéquatement aux règles d'un libre-marché tel qu'exigé par les Américains », plaide André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CCIFQ). Pour Richard Lehoux, de la Fédération québécoise des municipalités, le conflit du bois d'oeuvre traîne depuis trop longtemps. « Ça fait 30 ans que ça dure. Nous demandons au gouvernement du Canada, once and for all, de protéger la forêt québécoise. »

Au Québec, l'industrie du bois d'œuvre représente 60 000 emplois directs répartis dans plus de 220 municipalités, dont 135 qui en dépendent exclusivement. Rappelons que l'accord de 2006 entre les deux pays - qui a pris fin l'automne dernier - était le résultat de cinq ans de lutte devant les tribunaux. Reste à voir si Ottawa réussira à éviter une nouvelle « crise du 2 X 4 » qui pourrait se traduire par la fermeture d'usines et de nombreuses pertes d'emplois, selon la coalition.

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