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Trump et le bois d'oeuvre secouent la campagne électorale

En pleine campagne électorale, les politiciens de la Colombie-Britannique promettent de se battre contre la décision des États-Unis d'imposer des droits compensateurs de 20 % en moyenne sur les exportations canadiennes de bois d'œuvre.

Un texte de Fanny Bédard

La mesure américaine touche particulièrement la province puisqu’elle est la plus grande exportatrice canadienne de bois d’œuvre vers les États-Unis. D’ailleurs, le géant britanno-colombien West Fraser se verra frappé par un tarif de 24,12 %, la société Canfor de 20,26 %, et Tolko de 19,50 %.

La première ministre sortante Christy Clark a suspendu sa campagne mardi matin. Elle a appelé son cabinet à discuter des moyens à prendre à la lumière de ce nouveau conflit qui se dessine avec les voisins du sud.

« Nous défendrons les travailleurs forestiers de la Colombie-Britannique et les communautés en combattant avec tous les outils à notre disposition cette action commerciale injustifiée », a déclaré Christy Clark dans un communiqué.

Le NPD fustige l’inaction des libéraux

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) John Horgan lance, de son côté, une flèche à sa rivale libérale. « Elle n’a pas traité ce problème avec l’urgence qu’il mérite. À cause des retards et de l’inaction, des milliers de travailleurs risquent maintenant de perdre leurs emplois et leur gagne-pain », lance-t-il dans un communiqué. S'il est élu premier ministre, M. Horgan promet également de se rendre à Washington dans les 30 premiers jours de son mandat pour s’assurer que la province est bien représentée dans ce dossier.

Le BC Lumber Trade Council qui représente les entreprises du secteur du bois d’œuvre déplore lui aussi les mesures américaines. « Les allégations faites par le lobby américain du bois d’œuvre sont les mêmes arguments que dans les autres rondes de litiges qui ont toutes été renversées par les jurys indépendants de l’ALENA », écrit-il dans un communiqué.

L'industrie forestière a raison de s'inquiéter, dit un expert

La Colombie-Britannique a de quoi craindre ce nouveau conflit, estime Luc Bouthillier, professeur titulaire au Département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval, au Québec.

« Vous avez raison d’être inquiet en Colombie-Britannique. La moitié des exportations de bois d’œuvre vers les États-Unis proviennent de la Colombie-Britannique », lance le spécialiste en entrevue à l’émission de radio Phare Ouest.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle, ça, c’est clair. Cependant, on est dans une autre dynamique de marché. La dernière fois, on était à la veille de l’éclatement d’une bulle immobilière. Donc, on avait besoin de moins de bois. Là, on n’est pas là du tout. On est au début d’une reprise », explique-t-il.

« Ça nous rend moins compétitifs, mais ça ne nous sort pas du jeu, contrairement à la dernière fois », poursuit-il.

« Il y a beaucoup de réalité post-factuelle dans cette affaire et il serait temps de remettre un peu plus de factuel et de judiciariser l’affaire de façon à ce que toutes les sommes qui seront laissées à la frontière en paiement des droits puissent être récupérées entièrement », enchaîne le spécialiste.

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