Donald Trump menace d'imposer d'importantes taxes frontalières à Toyota si le constructeur automobile japonais persiste dans son projet de fabriquer dans une usine mexicaine des modèles Corolla destinés au marché américain.

Le président élu a fait connaître ses intentions, aussi schématiques soient-elles, dans un autre des tweets qui constituent sa marque de commerce. Mardi, il avait lancé des menaces similaires à l’endroit de General Motors.

« Toyota dit qu’il va construire une nouvelle usine à Baja, au Mexique, pour fabriquer des Corolla pour les États-Unis. PAS QUESTION! Construisez une usine aux États-Unis ou payez une grosse taxe à la frontière », a-t-il lancé.

Toyota n’a pas réagi à cette déclaration, qui a fait chuter la valeur de son titre de 0,5 % à la bourse de New York.

Plus tôt dans la journée, lors d’une rencontre réunissant des professionnels du secteur à Tokyo, le président-directeur général de Toyota, Akio Toyoda, avait déclaré qu’il n’envisageait pas de réduire sa production au Mexique.

« Nous étudierons nos options quand nous verrons quelle politique le nouveau président choisira », s'est-il contenté de dire lorsqu’on interrogé à ce sujet.

Le président de Honda, Takahiro Hachigo, a exprimé la même opinion. « Nous produisons des voitures au Mexique pour des marchés incluant l'Amérique du Nord et l'Europe, et nous n'avons pas de plan dans l'immédiat pour changer cela », a-t-il dit.

Toyota a annoncé en avril 2015 son intention d’investir 1 milliard de dollars dans une nouvelle usine mexicaine capable de produire 200 000 Corolla par année.

Cette usine, qui doit ouvrir ses portes en 2019, est cependant en construction dans l’État de Guanajuato, et non dans celui de Baja.

Le fabricant automobile japonais a bel et bien une usine dans l’État de Baja, mais elle y construit des camionnettes Tacoma.

Trump interpelle d'autres géants industriels américains

Mardi, M. Trump, a aussi menacé d'imposer « une importante taxe frontalière » à General Motors s'il continuait à produire des Chevy Cruze au Mexique. La direction de GM a rapidement répliqué que presque toutes ces berlines vendues aux États-Unis sont assemblées en Ohio. Selon GM, 172 000 Cruze ont été vendues aux États-Unis dans les 11 premiers mois de l'année, et seules 4500 d'entre elles ont été fabriquées au Mexique.

Ce même jour, Ford a annoncé qu'il annulait un investissement de 1,6 milliard de dollars à San Luis Potosi, au Mexique, où le constructeur américain devait déplacer certaines de ses activités d’assemblage, en créant 2800 emplois. La compagnie investira plutôt 700 millions de dollars dans son usine de Flat Rock, au Michigan, pour « renforcer son offre de véhicules électriques », créant 700 emplois.

Le président-directeur général de Ford, Mark Fields, a expliqué que les conditions de marché avaient évolué et que sa compagnie espérait profiter du nouveau climat d'affaires promis par le président. Lors de sa campagne électorale, M. Trump s'est engagé à faire passer le taux d'impôt des sociétés de 35 % à 15 %.

En vertu de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les constructeurs automobiles peuvent fabriquer des automobiles au Mexique et les revendre sans taxe d’importation aux États-Unis ou au Canada, pourvu que 65 % de leurs composantes soient d’origine nord-américaine.

M. Trump n'a pas fait de mystère pendant sa campagne électorale qu'il compte renégocier ce traité, signé en 1994. Il soutient que cet accord commercial a entraîné la perte de millions d'emplois industriels aux États-Unis.

Depuis qu'il a été élu, M. Trump s'en est aussi pris dans des tweets à d'autres géants industriels américains, dont Boeing et Lockheed Martin.

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