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Uber : la réglementation est-elle plus sévère au Québec qu'ailleurs?

L'entrepreneur et propriétaire de Téo Taxi Alexandre Taillefer affirme que l'entente conclue entre le gouvernement du Québec et Uber est la plus sévère adoptée à travers le monde. S'agit-il vraiment de la réglementation la plus contraignante jamais élaborée?

Deux analystes de l'Université McGill, Richard G. Sheamur, de l'École d'urbanisme, et Barry Eidlin du Département de sociologie, croient que les restrictions annoncées jeudi ressemblent à d'autres qui sont imposées ailleurs dans le monde.

« La réglementation québécoise n'est pas plus contraignante qu'ailleurs », soutient Richard G. Sheamur, de l'École d'urbanisme.

L'année 2016 a été une année fertile en rebondissements dans le dossier Uber au Québec et à travers le monde. Plusieurs instances municipales et gouvernementales ont déposé des projets d'encadrement des activités d'Uber.

Dans certains cas, les initiatives des autorités ont porté fruit et ont été acceptées par Uber; dans d'autres, l'entreprise a tout simplement plié bagage. D'ailleurs la menace d'Uber de retirer ses services d'une ville a poussé certains gouvernements à repenser à leur réglementation.

« Les efforts imposés sont assez répandus. Ce sont généralement des variations sur un même thème. Ce qui est déterminant, c'est la façon dont Uber réagit », estime Barry Eidlin du Département de sociologie de l'Université McGill.

Par exemple, la Ville d'Edmonton avait imposé une réglementation qui imposait des restrictions sévères à l'entreprise et à ses chauffeurs. Résultat : Uber a plié bagage pendant quatre mois, de mars à juillet 2016.

Entre-temps, la province de l'Alberta y est allée de sa propre réglementation, qui inclut l'imposition d'un permis, la vérification des antécédents judiciaires des chauffeurs et la mise en place d'une police d'assurance commerciale. Malgré l'imposition de ces nouvelles contraintes, Uber a annoncé qu'elle reprendrait ses activités en Alberta et devrait le faire d'ici peu.

Selon nos analystes, l'intervention du gouvernement albertain a probablement permis d'exercer des pressions sur Uber et fait plier l'entreprise dans cette province.

Aux États-Unis, les ententes se concluent au niveau des villes. Ainsi, Uber en profite pour influencer le type de réglementation que les autorités tentent de faire entrer en vigueur.

Chicago a tenté d'imposer certains règlements qui n'ont pas fait l'affaire de l'entreprise. La Ville a apporté quelques changements à la réglementation pour pouvoir continuer ses opérations.

Pour sa part, la Ville d'Austin au Texas n'a pas voulu élaborer de règlement spécifique pour Uber, arguant que l'entreprise devait se plier à la réglementation existante dans le secteur du taxi. Résultat : Uber a mis fin à ses opérations en mai.

En Europe, selon Olivier Germain, professeur au Département de management et technologie, ESG UQAM, les réactions oscillent entre le laisser-faire (en Belgique) et l'opposition (en France).

Avec des informations de Maxime Bertrand

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