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Uber tient tête à Toronto et refuse de suspendre ses activités temporairement

Le géant américain Uber ne se conformera pas à une requête du conseil municipal de Toronto de suspendre son service UberX en attendant le nouveau règlement de la Ville.

UberX met en contact des conducteurs ordinaires avec des passagers à la recherche d'un moyen de transport moins cher qu'un taxi par l'entremise d'une application pour téléphones intelligents.

Le service compte 400 000 abonnés et 16 000 chauffeurs dans la région de Toronto, selon Uber.

Conseillers municipaux divisés

Après plus de six heures de débats hier, le conseil municipal de Toronto a rejeté la recommandation des fonctionnaires municipaux de créer pour Uber une catégorie de réglementation différente de celle des taxis.

Une majorité d'élus, à l'initiative du maire John Tory qui n'avait pas suffisamment d'appuis pour faire entériner cette recommandation, a plutôt renvoyé les fonctionnaires à la planche à dessin, leur demandant un nouveau rapport au printemps 2016 sur la façon d'intégrer Uber au sein du cadre réglementaire actuel. Les conducteurs d'UberX pourraient ainsi devoir payer des frais de permis et détenir une assurance commerciale, comme les chauffeurs de taxi. Contrairement aux taxis, toutefois, les tarifs d'Uber ne seraient vraisemblablement pas réglementés par la Ville.

Pour sa part, son collègue Glenn De Baeremaeker pense que Toronto devrait retourner devant les tribunaux pour bloquer Uber.

Réactions partagées des chauffeurs de taxi

L'Alliance des taxis de Toronto se réjouit de la décision du conseil municipal de rejeter le « double système de réglementation » qui était proposé par les fonctionnaires municipaux.

L'Alliance demande à la police et aux inspecteurs municipaux de « faire respecter de manière musclée » le règlement municipal. Toutefois, UberX continue d'être dans une zone grise du point de vue légal, selon un jugement rendu en juin dernier. Les inspecteurs municipaux ont remis des contraventions à 101 conducteurs d'UberX jusqu'à maintenant.

Le chauffeur de taxi Sajid Mughal affirme, lui, qu'il continuera à perdre de l'argent, à la suite du vote au conseil. 

Entre-temps, le conseil municipal a aussi voté en faveur d'une baisse de 1 $ du tarif de base des taxis, afin de favoriser la concurrence avec Uber.

COMMENT D'AUTRES VILLES S'Y PRENNENT : 

Révolution dans la ville aux taxis jaunes

Uber est en train de prendre New York d'assaut. Ses chauffeurs y font maintenant 140 000 courses par jour, soit quatre fois plus qu'il y a un an. L'entreprise compte plus de conducteurs que les emblématiques taxis jaunes de la ville.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a menacé d'imposer un plafond à la compagnie, affirmant que toutes ces voitures congestionnaient Manhattan. La Ville a aussi saisi les véhicules de dizaines de conducteurs d'Uber qui allaient chercher illégalement des voyageurs à l'aéroport JFK. Mais le maire de Blasio, qui a accusé Uber de ne penser « qu'à ses propres intérêts et à ses profits », a fini par mettre de l'eau dans son vin. Il a accepté en juillet dernier de permettre à la compagnie de poursuivre son expansion, en échange de plus de données sur ses courses, pour une étude de quatre mois sur l'impact d'Uber sur la circulation et l'environnement.

Néanmoins, à New York, les conducteurs d'UberX doivent obtenir un permis, comme les chauffeurs de limousine, et suivre une formation de huit heures. Par ailleurs, leurs antécédents judiciaires sont vérifiés et leur véhicule doit avoir moins de cinq ans.

Les chemises tombent à Edmonton

« Honte à vous », ont scandé des chauffeurs de taxi d'Edmonton aux conseillers municipaux, plus tôt en septembre. Plusieurs avaient même retiré leur chemise, pour montrer qu'Uber leur faisait perdre leur gagne-pain.

Toutefois, tout comme Toronto, Edmonton a tenté, en vain, de bannir Uber, raconte le conseiller municipal Michael Oshry. Selon lui, la compagnie ne « collabore pas beaucoup » avec les élus, mais elle gagne en popularité chaque jour, face au coût élevé d'une course en taxi, ce qui force la Ville à réformer ses politiques. « [Les résidents veulent] plus d'options », dit-il. Tout comme Toronto, Edmonton tente d'encadrer les conducteurs d'Uber sous une nouvelle catégorie de permis, qui leur permettrait de continuer à avoir leurs propres tarifs, mais tout en les forçant à avoir une assurance adéquate et en les empêchant d'être hélés dans la rue comme un taxi.

Le conseil municipal d'Edmonton reprendra ses discussions sur Uber en novembre. Le maire de la ville, Don Iveson, affirme, par ailleurs, qu'il souhaite collaborer avec son homologue torontois pour réglementer le service de covoiturage commercial.

Uber devant les tribunaux à Paris

À Paris, les manifestations anti-Uber de chauffeurs de taxi ont été violentes l'été dernier : des voitures renversées aux incendies allumés dans la rue.

Deux catégories de conducteurs d'Uber existent en France. Ceux qui détiennent un permis dit VTC doivent suivre une formation de trois mois et disposer d'un véhicule assez grand, alors qu'à peu près n'importe qui peut devenir un chauffeur d'UberPop, dont les tarifs sont encore moins élevés. Uber a, toutefois, suspendu ce dernier service en juillet, et ce, jusqu'à nouvel ordre, après avoir été traîné devant les tribunaux. Deux de ses hauts dirigeants en Europe sont accusés de pratique commerciale trompeuse et de complicité dans le but d'exercer illégalement la profession de taxi.

Uber a porté la cause en appel. 

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