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Un camp forestier en formule tout inclus à la scierie de Parent

EXCLUSIF - Enlever ses bottes, c'est la règle élémentaire à laquelle tous doivent se plier au moment de franchir le pas de la porte du nouveau camp des travailleurs d'Arbec, division du Groupe Rémabec, à Parent en Haute-Mauricie. Il faut garder les lieux propres. C'est la base même de l'esprit de communauté qui règne dans les nouvelles installations qui ont un an maintenant. Radio-Canada a eu accès aux lieux.

Un texte de Marie-Ève Trudel

L'unité d'hébergement a une capacité d'accueil de 140 travailleurs. C'est très exactement le nombre de personnes à l'emploi de la scierie parentoise. Seule la moitié des chambres sont occupées en ce moment. Les autres travailleurs sont des résidents de Parent.

Pour les travailleurs de l'usine, il en coûte 25 $ par jour pour l'accès aux services : l'hébergement, la salle d'entraînement, les repas et l'accès à Internet, notamment. C'est le jour et la nuit pour Daniel Villeneuve qui travaille à l'usine depuis plusieurs années. « Les campements » ont changé son mode de vie.

« Quand je suis arrivé ici, on n'avait pas les campements. Je restais dans un appartement. On était trois dans un appartement, on couchait à terre un peu partout pour aller travailler au moulin », relate-t-il.

Les chambres comprennent une commode et un lit. Chacun est responsable de prévoir sa literie ou son sac de couchage. Chacun peut aussi personnaliser son espace avec un réfrigérateur ou un téléviseur, par exemple.

Le respect mutuel

La lumière est en tout temps tamisée dans les différentes ailes. Il faut préserver le sommeil des travailleurs de nuit et vice-versa.

« On n’a pas le droit de boisson, on n’a pas le droit de drogue, dit Daniel Villeneuve. Il n’y a pas de beuverie ici, [les gens] il faut qu’ils sortent des camps, et quand ils rentrent, il faut qu’ils respectent les autres. »

Les travailleurs sont au boulot 12 heures par jour, 7 jours consécutifs.

Vincent Laberge, 20 ans, n'a pas hésité à se lancer dans l'inconnu il y a trois mois. Il réside à Québec, à plus de 430 kilomètres de Parent.

« Mes amis, ils voient que je viens ici pour travailler [pendant] sept jours, puis après, ils trouvent que c'est impressionnant que j'aie sept jours off », dit-il.

Contrer la pénurie de main-d'oeuvre

Le défi du recrutement et de rétention de la main-d'oeuvre s'est fait sentir chez Arbec à Parent, comme partout ailleurs. La nouvelle unité d'hébergement, un investissement de trois millions de dollars, s'avère une alliée.

« Dans l'année ou les années avant qu'on mette en place les unités d'hébergement, on avait un roulement de personnel quand même assez important. Et déjà, à peine un an après, on a une meilleure stabilité, on a une augmentation des candidatures », dit le directeur des communications et des relations publiques du Groupe Rémabec, Pierre-Olivier Lussier.

La population tournée vers l'avenir

L'usine Arbec, c'est le coeur économique de Parent, qui compte environ 350 habitants.

L'annonce de la construction d'un camp forestier a suscité du mécontentement, parce que les quelques établissements de restauration et d'hébergement ont perdu une précieuse clientèle. La construction du camp forestier a entre autres nécessité un changement de zonage.

« On a eu besoin d'expliquer notre projet, pourquoi on le faisait, dit Pierre-Olivier Lussier. Les gens ont compris qu'évidemment, c'est le principal employeur du village ici. »

Plusieurs citoyens du secteur se sont dits résilients face à la situation. Ils savent qu'il y a deux côtés à une médaille. Ils espèrent que le camp des travailleurs assurera la pérennité de la scierie, tel qu'on le leur a promis.