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Un concessionnaire de Rawdon au sommet des vendeurs de voitures électriques au Canada

Alors que des observateurs croient que le gouvernement du Québec ne parviendra pas à atteindre sa cible de ventes de véhicules non polluants en 2020, une famille de Rawdon semble prouver qu'il est possible de renverser la tendance. La famille Bourgeois est devenue récemment le premier vendeur de voitures électriques en importance au Québec et au Canada.

D'après un reportage de Maxime Bertrand

Depuis 52 ans, la famille Bourgeois se spécialise dans le domaine de la vente de véhicules Chevrolet. Ce n'est toutefois qu'au cours de la dernière décennie qu'elle a décidé de se lancer dans l'aventure électrique.

En 2012, le copropriétaire de Bourgeois Chevrolet Rawdon, situé dans cette municipalité de Lanaudière, a mis la main sur une Volt usagée.

« Ça m'intriguait de voir c'était quoi une voiture électrique. Donc j'ai décidé de la prendre et d'aller chez moi le soir. Après l'avoir essayé pendant une journée, j'ai décidé de la garder pendant une semaine. Et puis je suis littéralement tombé en amour avec le véhicule », relate Hugo Jeanson.

Toute la famille a ensuite fait l'essai de la Volt. Conquise, elle a revu son plan d'affaires.

Christine Bourgeois, la cousine d'Hugo qui est également copropriétaire de l'entreprise familiale, avoue que l'aventure était risquée.

« On a pris des risques. C'est ça des risques financiers. Quand tu veux importer des véhicules et on ne sait pas si ça va fonctionner. Donc on s'est lancés là-dedans, et puis cela a fonctionné. On y a cru jusqu'au bout », dit-elle.

Le résultat a dépassé les attentes. En misant sur la Volt usagée, les Bourgeois ont incité la clientèle à faire le détour par Rawdon.

Rapidement, les voitures neuves ont remplacé les usagées.

La famille a tout de même continué à vendre en même temps des corvettes, vestiges d'une orientation passée. Elles peuvent, peut-être, servir d'appât pour mieux convertir les clients.

On regarde ce que la voiture électrique pourrait leur donner, et si c'est plus rentable d'avoir une voiture électrique que d'avoir une voiture à essence. Donc, ça arrive régulièrement que les gens rentrent ici pour une voiture à essence et repartent avec une voiture électrique.

Hugo Jeanson, copropriétaire de Bourgeois Chevrolet Rawdon

Résultat : depuis trois ans, les Bourgeois sont les premiers vendeurs de véhicules électriques au Canada. Le concessionnaire automobile en écoule 400 par année, dont 300 Volt, ce véhicule hybride rechargeable qui permet de parcourir environ 60 km sans essence.

Selon Sylvain Castonguay, le président de l’entreprise Nordresa qui fabrique des camions électriques, la famille Bourgeois réussit à obtenir ce que les incitatifs gouvernementaux peinent à faire, soit de convaincre les acheteurs de se procurer un véhicule électrique.

« À Rawdon, qui l'eût cru? Ben même moi je ne l'aurais pas cru. [...] Je pense que c'est le fait d'être passionné », affirme-t-il.

Selon lui, l’entreprise familiale parvient aussi à se distinguer des autres concessionnaires.

« Au niveau des concessionnaires, il y a plus d'intérêt à vendre une voiture à essence. Plus de travaux, plus de revenus pour eux par la suite », explique M. Castonguay.

Plus de voitures électriques, souhaite Québec

En juin 2016, Radio-Canada apprenait que le gouvernement Couillard souhaitait établir des cibles obligatoires pour inciter les constructeurs automobiles à accroître leurs ventes de véhicules non polluants. L'objectif du gouvernement est qu'environ 15,5 % des voitures vendues au Québec soient des véhicules non polluants ou électriques d'ici 2025.

Peu avant la fin de l'année 2016, des observateurs ont toutefois indiqué que le gouvernement du Québec pourrait rater la cible qu'il s'est fixée pour 2020, s'il ne rehaussait pas l'aide financière pour l'achat de véhicules entièrement électriques (VEE) et hybrides rechargeables. Québec s'est donné comme défi de voir circuler 100 000 véhicules électriques sur ses routes d'ici 2020.

« Les incitatifs actuels ne sont pas à la hauteur pour continuer la progression », avait notamment déclaré le vice-président de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), Richard Lemelin.

La voiture électrique a malgré tout suscité un certain engouement au Québec. Le nombre de Québécois qui achètent une auto électrique a doublé presque d'année en année, depuis quatre ans. En 2012, ils étaient 1207 et sont passés à 8188 au 31 décembre 2015.

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