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Un employé de Bombardier acquitté d'une accusation de corruption en Suède

Le directeur des ventes de la filiale suédoise de Bombardier, Evgeny Pavlov, a été acquitté mercredi à Stockholm de l'accusation de corruption qui avait été portée contre lui.

L'homme de 37 ans était soupçonné d'avoir soudoyé un fonctionnaire de l'Azerbaïdjan pour obtenir un contrat de 340 millions de dollars américains visant à moderniser le système de signalisation du réseau ferroviaire du pays en 2013.

« Les procureurs n'ont pas prouvé que la personne accusée a promis ou offert un bénéfice inapproprié, ce qui est un préalable pour l'existence d'un pot-de-vin », a conclu le tribunal au terme d'un des plus importants procès pour corruption jamais instruits dans ce pays.

« C'est ce que nous espérions depuis le début, a dit l'avocate de M. Pavlov, Cristina Bergner. Nous pensions que le procureur n'avait pas suffisamment de preuves pour plaider cela, particulièrement en ce qui concerne notre client. »

Me Bergner avait notamment plaidé lors du procès que M. Pavlov, qui travaillait à l’époque pour la filiale russe de Bombardier, n'avait pas le pouvoir de conclure une entente de la sorte.

Le procureur anticorruption Thomas Forsberg n'a pas caché sa déception face à la décision du tribunal. Il n'a pas dit s'il comptait porter la cause en appel.

M. Forsberg avait fait savoir la semaine dernière que l'enquête visant d'autres employés de Bombardier en Suède se poursuivait.

M. Pavlov, qui était passible de six de prison s'il avait été reconnu coupable, a été libéré la semaine dernière « puisqu'il n'y avait aucune raison de le garder en détention », révèle un document publié par le tribunal.

Le contrat au coeur de l'affaire a été décroché par un consortium réunissant les filiales suédoise et russe de Bombardier Transport, et une firme locale, Trans-Signal Rabita. Il a été financé à 85 % par la Banque mondiale.

En mars, un reportage d’Enquête effectué en collaboration avec la télévision publique suédoise SVT et la TT News Agency avait braqué les projecteurs sur le rôle mystérieux joué par la société-écran Multiserv Overseas dans cette affaire.

On y apprenait que cette compagnie a acheté les équipements de signalisation nécessaires à l’exécution du contrat pour 19 millions de dollars américains à la filiale suédoise de Bombardier, avant de les revendre 104 millions à la filiale russe, une différence de 85 millions.

La Banque mondiale, qui a jugé les allégations de corruption « crédibles » dans un rapport préliminaire déposé en cour, poursuit sa propre enquête dans cette affaire.

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