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Un grand parc d'engraissement suspend ses activités, le NPD mis en cause

L'un des plus gros parcs d'engraissement du Canada, Western Feedlots, cesse toutes ses activités relativement au bétail en raison du mauvais climat économique et politique en Alberta.

Un texte de Tiphanie Roquette

L'entreprise, qui a des élevages à Strathmore, à High River et à Mossleigh, dans le sud de la province, continuera sa culture du grain et ses activités de recherche agricole, mais n'achètera plus de bétail, ni de nourriture pour animaux. Aucun nouvel employé ne sera recruté, et environ 80 travailleurs seront licenciés, selon les données du gouvernement albertain.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, la compagnie fondée en 1958 explique son choix par un environnement risqué avec de faibles retours sur investissement. « En plus des vents contraires pour l'industrie du bétail, le mauvais environnement économique et politique en Alberta est un facteur contribuant à cette décision, » a écrit l'entreprise. Western Feedlots a refusé les demandes d'entrevue préférant, dit-elle, se concentrer sur ses employés.

Victime des politiques néo-démocrates?

L'opposition officielle, le parti Wildrose, a sauté sur l'occasion pour dénoncer les politiques néo-démocrates. « C'est profondément troublant de voir une autre compagnie [...] décider de ralentir ses activités et son recrutement à cause du programme idéologique et risqué du gouvernement néo-démocrate », peut-on lire dans le communiqué du porte-parole de l'opposition en matière d'agriculture, Rick Strankman.

Le Wildrose enjoint d'ailleurs au gouvernement d'annuler sa taxe sur le carbone qui doit être appliqué à partir du 1er janvier 2017.

Le ministre de l'Agriculture de l'Alberta, Oneil Cartier, a admis que la politique pouvait avoir joué un rôle dans la suspension partielle des activités de Western Feedlots. Il croit toutefois que la diminution de la marge de profits de l'entreprise a eu un rôle prévalent.

Les producteurs bovins inquiets

Le directeur général de l'Association des producteurs de bœuf de l'Alberta, Rich Smith, admet que l'application de la taxe sur le carbone inquiète les membres de l'industrie, mais il ne sait pas à quel point cela a joué un rôle dans la décision de Western Feedlots.

Le prix du bœuf a fortement diminué par rapport aux prix records atteints l'année dernière. « Ç'a été une année difficile pour les engraisseurs de bétail parce qu'ils ont acheté des bêtes au prix fort et les vendent maintenant à un prix beaucoup plus bas », explique M. Smith.

L'Association s'inquiète des conséquences de cette fermeture sur les producteurs bovins. La disparition du parc d'engraissement signifie qu'il y a un joueur de moins pour acheter du bétail, ce qui contribuera à baisser encore les prix. « C'est inquiétant quand un acteur majeur de notre secteur suspend ses activités, » a indiqué M. Smith.

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