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Un projet pilote pour pallier le manque de main-d'oeuvre en Beauce

La pénurie de main-d'œuvre continue de faire mal à certaines entreprises du secteur manufacturier, particulièrement en région. Pour leur venir en aide, le gouvernement du Québec a lancé un projet pilote qui permet aux futurs travailleurs de faire leur apprentissage tout en touchant un salaire.

La Beauce fait partie des régions où le manque de main-d'œuvre se fait cruellement sentir. À titre d’exemple, la Beauce accueillera une quarantaine de nouveaux soudeurs-monteurs cette année, alors qu’elle en aurait besoin de 200 pour répondre à la demande.

« C'est quand même important. Il y a des compagnies qui avaient des projets d'expansion qui n'ont pas trouvé les employés et ils n'ont pas agrandi », constate Richard Nadeau, qui donne de la formation professionnelle à la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin.

Depuis l'année dernière, la commission met à l’essai le programme Dual, un projet pilote qui permet aux étudiants de passer la moitié de leurs 1800 heures de formation en usine.

« Ils sont payés comme un employé normal tout le temps qu'ils sont ici. Le salaire est plus bas, mais très compétitif », soutient Dave Carrier, directeur général de l’usine Pro Pac, à Saint-Côme-Linière.

Cette rémunération permet à André Gilbert de suivre la formation. « En tant que père de quatre enfants, ça me donnait un avantage de plus parce que ça rémunère un peu mieux. Sinon, je n'aurais pas été capable de suivre un cours », souligne l'étudiant.

Les entreprises recrutent les candidats selon une présélection minutieuse afin d'augmenter les chances de les garder une fois la formation complétée.

C'est le cas de Jimmy Poulain, qui a été parmi les premiers finissants du programme et qui travaille maintenant dans l'usine Pro Pac, où il a été formé.

« Cette formation-là m'a permis, même avec trois enfants et une conjointe, de travailler et d'étudier en même temps, tout en étant payé », raconte Jimmy.

Avantages académiques

L'enseignant Richard Nadeau y voit aussi des avantages académiques puisque « le transfert des connaissances se fait plus rapidement parce qu'ils apprennent avec les spécialistes de chaque industrie », observe-t-il.

Les centres de formation professionnelle d'autres régions du Québec pourraient bientôt emboîter le pas.

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