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Un rapport souligne le potentiel gazier énorme de la Nouvelle-Écosse

Une association représentant l'industrie énergétique demande au gouvernement de la Nouvelle-Écosse de lever son moratoire sur la fracturation hydraulique.

Cette association réagit ainsi à un nouveau rapport du ministère de l’Énergie, qui indique que les ressources gazières dans la province pourraient valoir de 20 à 60 milliards de dollars.

Selon le document, le sous-sol de la province recèle 198 milliards de mètres cubes de gaz naturel de toutes sortes. Il s’agit surtout de gaz de schiste, trouvé dans des structures rocheuses souterraines. Il y a presque 122 milliards de mètres cubes de ce type de gaz naturel en Nouvelle-Écosse.

Mais pour l’extraire, il faudrait utiliser la fracturation hydraulique, une méthode utilisant des fluides à haute pression pour fissurer la roche et libérer le gaz. Or, le gouvernement McNeil a adopté en 2014 une loi qui en interdit la pratique, notamment parce qu’elle présente des risques de pollution.

Le président-directeur général de la coalition Maritimes Energy Association, Ray Ritcey, espère que le nouveau rapport va convaincre le gouvernement de revoir sa politique et de lever le moratoire. « Il s’agit d’une occasion trop belle pour la rejeter du revers de la main », dit-il.

L’atlas des ressources pétrolières côtières est en chantier depuis 2013. Il a été rendu public cette semaine après une demande d’accès à l’information d’un site web de nouvelles économiques, AllNovaScotia.com. L’étude évalue aussi que la Nouvelle-Écosse compte 40 milliards de mètres cubes de gaz de charbon.

Maintien du moratoire

Le ministre de l’Énergie Geoff MacLellan reconnaît que le potentiel énergétique de la province est énorme, mais il précise que le gouvernement n’a aucunement l’intention de lever le moratoire sur la fracturation.

« Aucun changement de politique n’est prévu à ce moment-ci, mais j’ai bien hâte de participer à des discussions », affirme Geoff MacLellan. « Nous avons pris cette décision il y a quelques années, selon la volonté des Néo-Écossais. Si jamais ils changent d’idée, nous aurons des discussions à ce sujet. Mais à ce moment-ci, le moratoire va se poursuivre. »

Sans surprise, les environnementalistes appuient le maintien du moratoire sur la fracturation hydraulique.

L’organisatrice du Conseil des Canadiens à Halifax, Robbin Tress, dit que rien n’a changé depuis sa mise en place. « C’est encore une industrie dangereuse, qui menace notre santé et notre eau et qui limite nos efforts contre les changements climatiques. Rien n’a changé depuis 2014 » , dit Robbin Tress. « La province a la responsabilité de maintenir l’interdiction. »

Les environnementalistes trouvent aussi un peu de réconfort dans la lettre de mandat du premier ministre Stephen McNeil au nouveau ministre de l’Environnement, Iain Rankin, datée de septembre 2017. Elle précise qu’il doit continuer à appliquer le moratoire sur la fracturation hydraulique.

Le porte-parole du Centre d’action écologique d’Halifax, Stephen Thomas, accueille favorablement l’engagement de la province à maintenir l'interdiction de la fracturation. « Mais c’est une perte de temps, d’argent et d’expertise de créer cet atlas pour quelque chose qu’on a décidé d’interdire », dit-il.

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