Retour

Un record de croisiéristes à Montréal, malgré les obstacles

La saison 2015 s'annonce prometteuse pour l'industrie des croisières à Montréal. Plus de 90 000 croisiéristes et membres d'équipage sont attendus dans le port de Montréal d'ici la fin octobre. C'est presque trois fois plus qu'il y a cinq ans. Mais cette industrie se heurte à plusieurs obstacles dans la métropole qui pourraient limiter son développement.

Un texte de Michel Marsolais

Dans son tour du monde de 180 jours, le navire Oceania Insignia a fait escale à Montréal pour la première fois ce week-end.

Avec près de 700 passagers et 400 membres d'équipages, le navire est imposant. Mais il est loin de compter parmi les plus gros. La tendance dans cette industrie est d'aller vers des navires toujours plus gros. Dans certains cas, ils peuvent transporter plus 6000 passagers.

Les difficultés de navigation sur le fleuve empêchent les plus gros navires de croisière de remonter jusqu'à Montréal. Ces derniers préfèrent les ports de mer en eaux profondes.

« C'est un défi à cause des courants et des ponts. Mais nous ne sommes pas si gros, alors on peut passer en dessous. Nous sommes bien sûr assistés par les pilotes du Saint-Laurent qui connaissent bien le fleuve », explique Davor Illic, le capitaine du Oceania Insignia.

« C'est sûr qu'à cause des ponts, on ne peut pas recevoir les grands navires qui sont en construction aujourd'hui avec 5000 passagers. Mais on reçoit quand même tous types de navires de 500 passagers à 2000 passagers qui viennent régulièrement à Montréal. Nous avons aussi bon nombre de croisières spécialisées », ajoute Tony Boemi, vice-président croissance et développement à l'Administration portuaire de Montréal.

La métropole veut tirer sa part du marché des croisières, en essor un peu partout. Le nombre de passagers qui débarquent dans le Vieux-Port est en forte hausse depuis 2011.

« On va chercher notre part. On a une augmentation depuis 2011 de plus de 70 % du nombre de visiteurs. Cette année on s'attend à 93 000 à 100 000 visiteurs et équipages à Montréal. Pour nous, ce qui est intéressant, c'est les retombées économiques. Près de 90 % des croisiéristes viennent de l'étranger. Donc, c'est de l'argent neuf pour Montréal. Quand ils débarquent du navire, ils s'en vont dans nos attraits », dit pour sa part Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal.

Obstacles

Mais les obstacles restent nombreux pour cette industrie. Montréal doit ainsi rénover son vétuste terminal de passagers. Un projet de plus de 75 millions de dollars, dont le financement n'est toutefois pas encore entièrement ficelé.

Les armateurs s'inquiètent aussi des faibles niveaux du fleuve fréquents entre Québec et Montréal. La voie navigable se résume à une tranchée creusée au fond du fleuve avec une profondeur d'environ 11,5 mètres. Le tirant d'eau commence à être un peu juste pour les gros navires.

Cette situation inquiète aussi à cause des changements climatiques qui accélèrent l'évaporation des Grands Lacs, la principale source d'alimentation du fleuve, et réduisent les précipitations en hiver. Et les niveaux d'eau pourraient continuer de baisser sur le fleuve. Des études compilées par le Consortium Ouranos prédisent une baisse du débit de 5 à 25 % dans les prochaines années. De quoi nuire au transport maritime et aux navires de croisières.

Plus d'articles

Commentaires