Un robot mis au point pour transformer le crabe en quelques secondes pourrait sauver des emplois dans l'industrie des pêches à Terre-Neuve-et-Labrador. Ses concepteurs espèrent que leur invention réglera les problèmes de main-d'oeuvre auxquels font face les usines de transformation dans la province.

Le premier robot transformateur de crabe au monde entre dans une boîte de plastique de la grosseur d'un conteneur.

Un convoyeur transporte le crustacé dans une chambre et un bras robotique le cueille pour le placer sur une selle. Une lame rotative vient ensuite faire son travail.

Les pattes tombent dans un bac où elles sont triées et sectionnées. Elles sont dès lors prêtes à être consommées.

Rapatrier la main-d'oeuvre en Atlantique

La machine a été dévoilée au printemps par le Centre canadien d'innovations des pêches en partenariat avec Ocean Choice International et le Marine Institute. Ses fonctions sont simples, mais son impact pourrait être de taille.

Elle fait partie intégrante d'un système robotique inventé pour extraire la viande des coquilles de crabe. Ce processus est souvent réalisé outre-mer.

Les robots permettront de ramener certaines tâches en Atlantique et donc de créer ici des emplois comme l’entretien des machines.

Le vieillissement de la population dans la province pose de nouveaux défis dans les usines de transformation et les concepteurs du robot croient que leur invention permettra de s'y attaquer.

« Les jeunes ne sont pas attirés par l'industrie », dit le directeur général du Centre canadien d'innovations des pêches, Bob Verge.

« Une grande partie des employés dans le secteur de la transformation est issue de la génération du baby-boom. Nous ne pouvons pas remplacer tous ces baby-boomers par des jeunes. »

La viande, plus payante!

L'extraction de viande de crabe était auparavant faite à la main dans les usines de Terre-Neuve-et-Labrador, mais la main-d'oeuvre est devenue trop coûteuse, explique M. Verge.

Ce processus est maintenant fait outre-mer, où la main-d'oeuvre est beaucoup plus abordable.

Si l'on se chargeait de nouveau de cette étape dans la province, les usines pourraient s'enrichir et retirer plus de valeur de la ressource, fait valoir Bob Verge.

« À la place d'envoyer notre crabe avec sa coquille, nous pouvons obtenir un meilleur prix si nous vendons seulement la viande », dit-il.

D'après le reportage de Sarah Smellie, CBC

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