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Une année difficile pour l'économie en 2018, selon le Conference Board du Canada

L'économie canadienne a connu une performance surprenante en 2017, mais pourrait ralentir l'an prochain en raison des incertitudes liées à l'ALENA, selon le Conference Board du Canada. Le Manitoba s'en tirerait toutefois bien en 2018 avec une croissance prévue de 2 %.

Un texte de Sylviane Lanthier

La forte croissance de l’économie canadienne s’explique en bonne partie par la confiance des consommateurs. Si 2018 s’annonce plus difficile en raison des incertitudes qui entourent l’avenir de l’ALENA, l’économie manitobaine devrait pour sa part poursuivre sur sa lancée, selon l’économiste en chef adjoint du Conference Board, Pedro Antunes.

De passage à Winnipeg à l'occasion de la conférence annuelle Western Business Outlook, M. Antunes explique que les bons résultats de l’économie canadienne ont surpris les économistes. « Le consensus des prévisions en janvier fixait la croissance à 2 %, mais on va finir l’année avec une croissance de 3 %, presque entièrement due à la force des consommateurs », dit-il.

Inquiétude chez les investisseurs

Si ces facteurs soutiennent « une économie domestique très forte », Pedro Antunes estime cependant qu’une « croissance aussi forte pour 2018 n’est pas soutenable, puisque les consommateurs s’alignent un peu mieux avec le revenu qu’ils ont ».

Dans ces conditions, d’autres facteurs doivent entrer en jeu pour soutenir la croissance de l’économie.

« On s’attendrait à voir les entreprises privées et les exportations générer de la croissance, mais l’investissement n’y est pas », constate l’économiste. L’inquiétude générée autour de l’ALENA « rend les investisseurs anxieux quand vient le temps de sortir les dollars et d’investir ».

Au Manitoba

Au Manitoba, l’économie connaît une croissance stable qui approchera les 3 % en 2017 et qui devrait se situer à 2 % en 2018, selon Pedro Antunes.

La fermeture prévue de mines et la fin de gros projets d’infrastructures, tels que la construction de lignes de transmission d’Hydro Manitoba, auront un effet négatif sur l’économie manitobaine en 2018-2019, croit-il. Mais cela ne freinera pas tout à fait une croissance qui est aussi soutenue par le secteur manufacturier.

« Le Manitoba est la province du 2 %, rappelle Pedro Antunes, quand l’économie canadienne ralentit, le Manitoba réussit à se maintenir à 2 % et quand l’économie repart, il reste souvent stable à 2 % de croissance. »

Baisse de taxes prévue aux États-Unis

Alors que les États-Unis s’apprêtent à diminuer les taxes des entreprises, le Manitoba doit se préparer à faire face à une compétitivité accrue de la part de son voisin du Sud, ajoute Pedro Antunes. La province « doit se préparer à aider la compétitivité des firmes manitobaines et canadiennes et encourager l’investissement en recherche et développement et en propriété intellectuelle. Parce que l’innovation est importante et nous devons faire mieux au Canada du côté de la productivité. »

D'après une entrevue réalisée par Louis-Philippe Leblanc

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