Retour

Une dévaluation-surprise du yuan fait craindre une guerre des monnaies

La Chine a annoncé mardi une dévaluation-surprise du yuan de 2 % par rapport au dollar américain. Cette décision survient alors que Pékin a reçu une série d'indicateurs macroéconomiques décevants, dont une chute de ses exportations en juillet.

Le yuan se retrouve ainsi à son plus bas niveau depuis près de trois ans.

La Banque populaire de Chine a présenté sa décision comme une mesure de libéralisation du marché, mais plusieurs y voient surtout une façon d'augmenter ses exportations.

D'autres redoutent une glissade durable du taux de change, voire la relance d'une guerre des monnaies.

Expression lancée en 2010 par le ministre brésilien des Finances de l'époque, Guido Mantega, la « guerre des monnaies » fait allusion au recours implicite ou assumé de certains pays au taux de change pour doper leur compétitivité.

Dans les pays développés où les taux d'intérêt frôlent le zéro, la planche à billets et les taux de change sont devenus l'une des dernières armes des autorités pour stimuler l'économie et, dans certains cas, éviter la déflation.

Cette nouvelle dévaluation-surprise fait par ailleurs ressurgir les craintes que le ralentissement économique chinois se prolonge.

Washington accuse depuis plusieurs années Pékin de sous-évaluer artificiellement le yuan afin de doper la compétitivité de ses produits à l'étranger. 

« L'impact direct sur les exportations américaines sera limité à court terme, souligne Robert Kahn, du Council on Foreign Relations. Mais si c'est le début d'une tendance plus générale vers une dévaluation, ce serait problématique parce que ce serait une tentative de la Chine d'obtenir un avantage sur ses principaux partenaires commerciaux. »

Ni la Maison-Blanche ni le Trésor américain n'ont réagi à l'annonce-surprise de la Chine.

Par ailleurs, le dollar canadien a ouvert mardi en baisse de 0,75 ¢, conséquence de la dévaluation du yuan chinois. Il s'est fixé à environ 0,76 $ par rapport au dollar américain au cours de la journée. 

Impact sur le marché du pétrole 

La dévaluation-surprise de Pékin a aussi eu un effet sur les cours du pétrole. Sur le marché new-yorkais Nymex, ils étaient en forte baisse mardi, soulevant bien des questions sur l'évolution de la demande pétrolière de la Chine.

Le brut léger américain (Texas Light Sweet) a perdu 1,88 $, soit 4,18 %, et est tombé à 43,08 $ le baril, son cours de règlement le plus bas depuis mars 2009.

Le Brent a cédé pour sa part 1,23 $, soit 2,44 %, pour s'établir à 49,18 $ le baril.

Plus d'articles

Commentaires