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Une jeune étudiante autochtone se lance dans la fabrication de grelots pour la danse

Émilie McKinney ne trouvait pas de fournisseur pour fabriquer des grelots nécessaires à la danse traditionnelle autochtone qu'elle pratique assidûment. L'étudiante de la Division scolaire franco-manitobaine a décidé de prendre elle-même les choses en mains et de devenir entrepreneuse.

Jusqu'ici, Émilie McKinney était une élève de secondaire très occupée. En plus de ses cours, elle pratique la danse autochtone à haut niveau, ce qui l'a amenée à se produire à travers l'Amérique du Nord, Cuba et jusqu'en Suède. Désormais, elle peut rajouter une ligne à son CV.

Après une année de planification, Émilie McKinney a récemment ouvert sa propre entreprise et a commencé à fabriquer ses grelots, des petits cônes de métal que les danseuses autochtones cousent sur leur robe pour produire un son de clochette.

« Enfin ! », soupire la jeune fille qui en parle comme d'un « accomplissement ». Elle a installé son usine de production à Somerset, une communauté située à 120 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg.

Émilie McKinney, qui est membre de la Première Nation de Swan Lake, dans le sud du Manitoba, a eu l'idée de fabriquer ses propres grelots en se rendant à Winnipeg avec sa mère, Natalie Foidart, il y a environ un an.

Elles souhaitaient acheter des grelots pour une robe qu'elle fabriquait après avoir appris que son fournisseur local avait pris sa retraite.

Frustrée, elle est repartie de la capitale manitobaine les mains vides.

Des grelots fabriqués à Taïwan

« Les grelots n'étaient pas authentiques, explique-t-elle. Ils venaient de Taiwan. »

Émilie McKinney, qui vit à Somerset et qui est scolarisée en 12e année à l'École régionale Notre-Dame de Notre-Dame-de-Lourdes, dit également avoir été rebutée par le prix affiché de 40 dollars pour 100 grelots. Entre 300 et 400 grelots sont cousus sur chaque robe.

La robe de grelot et la danse sont une tradition autochtone censée apporter la guérison aux personnes malades. Les danseuses portant les robes forment un cercle autour de la personne malade et dansent autour d'elle afin de lui apporter la guérison.

Émilie McKinney, qui réalise aussi elle-même ses perlages et ses tenues, dit vouloir ramener la signification culturelle de la robe.

« C'est un objet authentique autochtone créé par les Ojibwés », explique-t-elle, ajoutant qu'elle était incapable de trouver un fabricant canadien en mesure de fabriquer ces pièces d'ornement.

C'est sa mère qui l'a encouragée à se lancer.

« Elle a dit: " Je vais faire les miennes " », se souvient Natalie Foidart. « Je l'ai mise au défi. »

Le jour suivant, Natalie Foidart raconte sa fille est rentrée de l'école avec un logo et les deux ont travaillé à partir de ça.

Un an plus tard, Émilie McKinney a officiellement ouvert l'entreprise Anishinaabe Bimishimo Corporation - Ojibway for First Nations People That Dance.

Elle utilise une presse pour imprimer son logo sur les petites plaques de métal, qui sont ensuite roulées à la main et disposées dans des sacs de 100 vendu 23 dollars.

Un logo avec une signification

Le logo qu'Émilie McKinney a inventé est composé de grands symboles sacrés autochtones. On y retrouve la roue médicinale pour l'unité, un tipi pour représenter la maison et le fait qu'elle est près de chez elle, une porte pour signifier l'ouverture aux idées et des plumes pour représenter le caractère sacré des grelots.

La jeune fille loue actuellement un espace commercial dans un magasin du comté de Somerset, mais elle aimerait un jour déménager son entreprise dans la Première Nation voisine de Swan Lake et embaucher des gens de la communauté.

Ses grelots sont actuellement disponibles dans cinq magasins de vente au détail et en ligne. Elle espère également écouler une partie de son stock lors de ses tournées dans divers pow-wow cet été.

Elle admet qu'il a été difficile de mener sa nouvelle carrière d'entrepreneuse en parallèle de ses études, ce qui l'a obligée à rester éveillée jusqu'au petit matin pour finir ses devoirs. Mais elle n'a pas l'intention de ralentir le rythme.

« Je suis déjà rendu si loin, je suis sûre de pouvoir continuer », dit-elle, ajoutant qu'elle espère aller à l'Université de l'Alberta après avoir obtenu son diplôme dans le but d'enseigner dans les écoles autochtones un jour - tout en continuant la danse et en gérant son entreprise.

Avec des informations de Riley Laychuk.