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Une minorité d'hôtes empochent la moitié des revenus de location de Airbnb à Toronto

Une étude du Centre canadien de politiques alternatives conclut qu'à eux seuls, 13 % des hôtes du service Airbnb à Toronto ont réalisé près de la moitié des revenus des locations à court terme en juillet.

Un texte de Philippe de Montigny - Infographies de Vincent Wallon

Les locations à court terme comme Airbnb font fureur à Toronto. Dans certains quartiers, comme Liberty Village ou Waterfront, elles sont jusqu'à six fois plus nombreuses que les locations à long terme, selon l'étude.

L'esprit de l'économie de partage semble perdu, estime Trish Hennessy, lorsqu'une minorité de propriétaires louent plusieurs propriétés et empochent la moitié des revenus. Airbnb maintient que les hôtes qui utilisent sa plateforme louent leur résidence principale.

En juillet, on comptait plus de 10 000 locations à court terme sur Airbnb dans la métropole, dont les deux tiers sont pour des résidences entières plutôt que pour des chambres privées.

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L'affaire est alléchante pour les propriétaires : au lieu de louer une partie de sa maison dans le quartier Upper Beaches pour 1500 $ par mois, Amanda Rix peut empocher ce montant en une semaine en utilisant Airbnb.

Alors que cette plateforme gagne en popularité, le nombre de condos disponibles diminue. Selon l'étude, le taux d'inoccupation est passé d'environ 3,75 % en 2005 à 1,5 % en 2015. Les locataires, eux, en souffrent puisque la diminution de l'offre sur le marché fait augmenter les prix.

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Cauchemar dans les immeubles à condos

Tous les immeubles à condos de la métropole interdisent les locations à court terme. L'agent immobilier Brad Lamb affirme toutefois que les propriétaires sont nombreux à enfreindre les règles et que les administrateurs des immeubles ont peu de recours.

Pourtant, les conséquences sont sérieuses : les condos et les espaces communs s'usent plus rapidement et la présence d'étrangers peut être désagréable ou même peu sécuritaire pour les voisins.

Toujours pas de réglementation

La conseillère municipale Kristyn Wong-Tam a déposé une motion en décembre dernier en vue de développer un cadre réglementaire pour les locations à court terme. Elle se dit déçue du manque de progrès dans ce dossier.

La Ville doit rendre un rapport dans les prochains mois pour encadrer ses consultations publiques à ce sujet.

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