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Une nouvelle usine à Paspébiac pour 2018

Après quatre ans de travaux et de retards, Unipêche n'attend plus que le certificat du ministère de l'Environnement pour enclencher les travaux de construction de sa nouvelle usine à Paspébiac.

La nouvelle usine de deuxième et troisième transformations pourrait donc voir le jour au printemps 2018. Ce sera l'une des plus modernes de la côte atlantique canadienne. « C’est une excellente nouvelle. On a passé à travers toutes les étapes. On a répondu à toutes les questions », commente le directeur de l’usine de Paspébiac, Gino Lebrasseur.

Les promoteurs auraient voulu démarrer les travaux cet automne, mais le véritable début du chantier ne pourrait finalement se faire qu’en mai prochain.

« Comme l’hiver est à nos portes, précise M. Lebrasseur, c’est moins évident de faire certains travaux, les coûts sont plus importants. On n’a pas baissé les bras pour faire certains travaux au cours de l’hiver, mais on n’a pas les papiers officiels. C’est difficile aujourd’hui d’accorder des contrats là-dessus. On est en attente. »

Processus long et ardu

Annoncée à l’été 2012 par le gouvernement de Jean Charest, alors en mode préélectoral, la construction de la nouvelle usine d’Unipêche aura mis plus de quatre ans à se concrétiser. Le nouveau bâtiment devait s’ériger près de l’ancienne usine qui serait transformée en entrepôt.

La situation, près du quai, de la prise d’eau, idéale pour une usine de pêche, est alors devenue une difficulté en raison des possibilités d’inondation et du remblaiement nécessaire pour construire. « Fin 2014, étant donné la superficie de terrain qu’on devait occuper, c’est là qu’on a constaté qu’on se dirigeait vers un BAPE si on voulait finaliser notre demande », raconte le directeur de l’usine, Gino Lebrasseur.

À la suite du processus, aucune demande d’audience publique n’a été déposée au ministère de l’Environnement et du Développement durable après la publication en juillet dernier de l’étude d’impact du projet réalisée par Activa Environnement.

Le 26 octobre dernier, l’Assemblée nationale a finalement adopté le Décret autorisant les travaux de Gestion Unipêche M.D.M.

Innovation, transformation et exportation

La construction pourrait s’étendre de 12 à 18 mois. « Ce qu’on veut, explique le directeur, c’est qu’au printemps 2018, il y ait un certain rodage dans la nouvelle usine pour être sûr que tous les éléments vont être en place. La production 2018 va quand même commencer dans l’usine actuelle, mais il y aura un transfert progressif à la fin du printemps. »

Non seulement l’usine de Paspébiac sera modernisée, mais sa production sera diversifiée. L’usine offrira ainsi à Unipêche la possibilité d’explorer de nouveaux marchés et pourra notamment produire des mets cuisinés.

Aujourd’hui, c’est l’innovation qui est la plus importante dans les usines de transformation et la compétition internationale est très forte.

Gino Lebrasseur, directeur de l'usine Unipêche M.D.M. à Paspébiac

Déjà, plus de 90 % de la production des cinq usines de Gestion Unipêche est exportée vers les États-Unis ou vers l’Asie.

Six mois de production

Bon an, mal an, Unipêche à Paspébiac, qui ne fait que la première transformation, embauche en moyenne, en haute saison, autour de 250 personnes pour des périodes de 16 à 20 semaines.

La nouvelle usine permettra de consolider ces emplois, mais surtout d’allonger le temps de travail de 6 à 8 semaines. « Cela dépend de ce qu’on va faire aussi et des opportunités qu’on va avoir parce qu’il y aura des équipements spéciaux là-dedans. C’est là qu’on va avoir la possibilité que certains emplois soient plus longs, mais on travaille une moyenne de 26 semaines », ajoute M. Lebrasseur.

Le projet était évalué à 28 millions de dollars en 2012. Québec s’était alors engagé à verser un prêt sans intérêt de 9 millions de dollars, un prêt avec intérêts de 4,5 millions et une subvention de 1,4 million du ministère des Pêcheries.

Gino Lebrasseur assure que les engagements du gouvernement Charest pour le financement du projet sont toujours valides. Une mise à jour du budget de 28 millions de dollars est en cours. L’entreprise entend respecter le cadre budgétaire qu’elle s’était donné en 2012.