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Une pêche au crabe ralentie par la fermeture des zones de pêche

Les crabiers de la Gaspésie ont capturé jusqu'à maintenant 48 % de leur quota, alors que la normale à cette période de la saison est plutôt de 60 %.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Bruno Lelièvre

L’importante zone fermée à la pêche par le ministre des Pêches, depuis le 28 avril, explique ce ralentissement des prises.

Bill Sheehan, vice-président E. Gagnon et Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, rappelle que le tiers des arrivages de son usine provenait de la zone fermée. « Ça ralentit la production, ça ralentit toute l’industrie », constate l’homme d’affaires.

Les industriels des pêches doivent donc composer avec un taux de captures de crabe des neiges moins important qu’à l’habitude et la situation ne devrait pas s’améliorer.

La présence de deux baleines noires repérées dimanche soir par la patrouille de Pêches et Océans Canada au nord de la zone d’exclusion entraînera la fermeture temporaire d’une nouvelle zone de pêche couvrant six quadrilatères, ce qui devrait compliquer un peu plus la tâche des crabiers et industriels.

Les flottilles de pêche touchées par la fermeture sont celles du crabe des neiges, du crabe commun et du crabe araignée ainsi que les pêcheurs de buccin et les homardiers.

Ces fermetures demeureront en vigueur jusqu’à un avis contraire.

Les pêcheurs ont jusqu’à mardi 16 h pour retirer leurs casiers de la zone et replacer les engins de pêche ailleurs dans le golfe. Ces crabiers perdront plusieurs jours de pêche d’une saison qui pourrait bien vivre d’autres fermetures d’ici la fin juin, si d’autres baleines noires sont repérées.

C’est une autre mauvaise nouvelle pour E. Gagnon et Fils. « On a des pêcheurs ici qui se retrouvent dans cette zone-là », confirme M. Sheehan.

Un secteur de pêche plus restreint

Même s’il n’est pas touché directement puisqu’il ne fréquente pas les zones fermées à la pêche, le crabier madelinot Denis Éloquin estime que ce sont tous les pêcheurs ainsi que la ressource qui subissent les conséquences de ces fermetures.

Ce dernier explique qu’avec la fermeture d’une nouvelle zone de pêche, les crabiers perdent de 25 à 30 % de leur territoire de pêche, ce qui accentue la pression sur la ressource et la compétition entre pêcheurs.

Comme la plupart des crabiers, il n’a pas encore pêché la moitié de son quota autorisé. « Ça avance très lentement, les prises ont diminué de beaucoup », constate M. Éloquin.

Denis Éloquin souhaiterait que le ministre des Pêches, Dominic Leblanc, prenne le temps, à l’automne, de faire le point avec les pêcheurs et qu’il soit véritablement à l’écoute des solutions proposées par les flottilles et l’industrie.

Plusieurs des mesures avancées par le ministre ont soulevé l’inquiétude parmi les pêcheurs.

Vendredi, un crabier des Îles-de-la-Madeleine a lancé un appel à la désobéissance et invité ses confrères à déposer leurs casiers dans la zone interdite.

Pêches et Océans a d’ailleurs ouvert une enquête après avoir découvert et saisi des casiers de crabe dans cette zone.

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