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Une pétrolière invoque les politiques du NPD pour se retirer d’un projet

Koch Oil Sands demande l'annulation du permis pour le projet Muskwa d'exploitation de bitume dans le centre-nord de l'Alberta. La pétrolière invoque l'incertitude économique et réglementaire qui règne dans la province.

Dans une lettre adressée à l'Agence de réglementation de l'énergie, Koch Oil Sands estime que la taxe carbone et les plafonds d'émissions de gaz à effets de serre imposés par le gouvernement néodémocrate ne feront qu'empirer la situation.

« Les risques économiques à long terme du projet sont alourdis par l’incertitude économique entourant les politiques climatiques [du gouvernement de l’Alberta] et leurs conséquences potentielles sur le projet, depuis la taxe carbone jusqu’aux plafonds d'émissions de gaz à effets de serre », explique la direction de l'entreprise.

Une position que partage le porte-parole de l'opposition en matière d'Énergie, Drew Barnes, qui croit que les politiques du gouvernement ne font que commencer à faire fuir les investisseurs.

Les entreprises ne voient pas d’un bon œil le climat économique en Alberta. Elles vont partir vers d’autres juridictions qui n’ont pas de taxe carbone et ni de déficit comme celui qu’a annoncé le gouvernement.

Drew Barnes, Wildrose

Dans sa lettre datée du 14 décembre, Koch dit vouloir « surveiller le climat économique et réglementaire des prochaines années à l'affût de changements qui justifieraient un renouvellement du permis d'exploitation ».

Pourtant, deux jours après avoir fait sa demande d'annulation à l'Agence de réglementation de l'énergie, Koch s'est joint à la pétrolière Pengrowth Energy pour déposer une demande de permis d'exploitation d'un projet semblable, cette fois au sud-ouest de Bonnyville.

L’entreprise, dont le siège social est basé à Wichita, au Kansas, n’a pas émis de commentaire à ce sujet, ni depuis son bureau canadien à Calgary ni depuis les États-Unis.

Conjoncture économique

La ministre de l'Environnement de l’Alberta, Shannon Phillips, croit que ce sont moins les politiques énergétiques de son ministère que la conjoncture économique qui motive la décision de Koch.

Shannon Phillips souligne que d'autres pétrolières ont plutôt annoncé des investissements pour 2017.

Selon la ministre, la taxe carbone ne coûtera que 20 cent du baril aux pétrolières comme Koch, un coût qu'elle juge marginal. À la mi-décembre, le baril de pétrole canadien vallait un peu moins de 40 dollars américains.

Le projet de Muskwa était estimé à 800 millions de dollars et devait produire 10 000 barils de pétrole par jour en utilisant le drainage par gravité au moyen de vapeur, une méthode coûteuse, mais de plus en plus populaire en Alberta.

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