Les bonnes nouvelles ont été rares en 2016 pour le secteur minier de la Côte-Nord, malgré la remontée du prix du fer en cours d'année. Des études préliminaires ont été lancées pour des projets de transformation de minéraux industriels dans la Manicouagan. Mais les investisseurs pourraient demeurer sur la défensive en 2017.

Un texte de Louis Garneau

Le fer à 62 % de pureté, livré au port chinois de Tianjin, s'écoulait à 72,25 dollars US la tonne en novembre. Il avait atteint un creux à 39,60 $ en décembre 2015, soit son plus bas niveau depuis 2007.

Tandis que Rio Tinto IOC et ArcelorMittal haussaient la cadence, la mine Tio, près de Havre-Saint-Pierre, a été exploitée à mi-temps.

À Sept-Îles, où Cliffs a lancé la serviette, Québec a racheté les actifs, dont les installations portuaires, pour 68 millions de dollars. À l'automne, un premier navire a été chargé au quai de Pointe-Noire, avec du minerai que le groupe Tata Steel exploite à Schefferville.

Si ce métal est abondant sur la Côte-Nord et au Labrador, il est cependant extrait et concentré à un coût élevé, une situation désavantageuse lorsqu'il y a des excédents de production :

Quand le minerai de fer a monté à 130 $, 140 $ la tonne, de convaincre quelqu'un de risquer son capital pour produire du minerai, c'était relativement facile. Parce que tout le monde le produisait entre 50 $ et 70 $ la tonne.

Serge Morin, vice-président, Financière Banque Nationale

Le capital de risque est devenu plus difficile à trouver dans le secteur des ressources naturelles depuis que la production dépasse les besoins, fait remarquer Serge Morin.

À la mi-décembre, le géant brésilien Valé confirmait que d'ici 2020, il produira annuellement 90 millions de tonnes de fer à coût réduit. Et Anglo American ajoutera près de 30 millions de tonnes de fer par année.

Cette nouvelle production excédentaire entretient l'incertitude des investisseurs. D'où l'importance de réduire les coûts, prévient l'analyste financier.

Il faut innover. On voit que Valé a trouvé des façons très intéressantes de faire des systèmes de convoyeurs mobiles. C'est toutes ces initiatives-là, qui à long terme, vont permettre à ces mines-là d'être très compétitives.

Dans la région de Baie-Comeau, trois projets miniers sont à l'étape de préfaisabilité. Mason Graphite, Métaux Canadiens et Stria Lithium veulent transformer sur place des minéraux industriels.

Le maire Claude Martel est président d'une fondation qui dispose de 14 millions $ pour accompagner les projets et créer des retombées dans la région.

C'est des études de préfaisabilité qu'on appelle-ça, là. Puis après ça, on va aller dans le "pointu"... Fait que la fondation est disponible, elle est là, c'est un outil économique important.

Claude Martel, maire de Baie-Comeau

Entre l'espoir et le réalisme, l'activité dans le secteur des ressources naturelles sur la Côte-Nord devrait reprendre cet hiver.

Quelque 2000 travailleurs d'ArcelorMittal à Port-Cartier et Fermont doivent renégocier leur contrat de 5 ans qui prend fin en février. Et les activités saisonnières de Rio Tinto Fer et Titane doivent redémarrer à Havre-Saint-Pierre.

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