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Une saison de pêche au homard qui sent les records aux Îles

Le président du Regroupement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles-de-la-Madeleine, Charles Poirier, estime que le nombre de homards capturés cette année représente une augmentation de 10 % par rapport à 2017.

Un texte d'Adrianne Gauvin-Sasseville d'après les informations de Philippe Grenier

La saison qui se clôture est qualifiée d'année record par plusieurs pêcheurs madelinots. M. Poirier évalue même la valeur des captures à 10,5 millions de livres de homards sur l'archipel. Une moyenne de près de 30 000 livres de homards par pêcheur, considère-t-il.

Le directeur du bureau de secteur de Pêches et Océans Canada (MPO), Cédric Arseneau, ne peut pas confirmer ces données pour l'instant. Néanmoins, « ce qu'on constate, avec tous les éléments qu’on est capable de voir à ce moment-ci, c’est qu’effectivement on devrait avoir une très très bonne année », affirme-t-il.

Le chiffre préliminaire de la saison 2018 sera dévoilé au cours de la semaine prochaine.

Abondance du homard

Charles Poirier soutient que les efforts de conservation des stocks de homards ont mené au foisonnement de ce grand crustacé. Il accorde également cette abondance à « la température de l’eau qui se réchauffe qui fait que le homard migre vers le nord ».

Solidarité entre pêcheurs

Les fermetures de différentes zones de pêche ont entraîné certaines perturbations pour les pêcheurs. M. Poirier se dit affecté par ces bouleversements. « Quand t’es pêcheur et que tu vois une partie de la flotte québécoise qui est prise à quai à cause des baleines, c’est quelque chose qui aurait pu nous arriver aussi. On trouve ça très déplorable du ministère d’empêcher des pêcheurs côtiers, quand on sait que les baleines ne sont pas dans le secteur comme tel », s'insurge-t-il.

Pêches et Océans Canada considère que ces fermetures ont eu des conséquences minimes pour la zone de pêche 22. « Il y a certains quadrilatères qui ont été fermés. Mais ces quadrilatères se situent dans l’extrême nord-ouest de la zone. Ils ne sont pas nécessairement des fonds de pêche qui sont très utilisés par les pêcheurs de homard des Îles, donc il était facile pour eux de relocaliser leurs efforts », explique M. Arseneau.

La saison est terminée, mais les discussions n'en sont qu'à leur début. « C’est sûr que l’hiver va être long en négociation avec le ministère des Pêches et Océans. On ne veut pas que le MPO se mette à arrêter les pêcheurs au milieu d’une saison. C’est très préoccupant. Va falloir se mettre des règles », affirme M. Poirier.

Une rencontre avec tous les pêcheurs du Québec se tiendra mercredi pour discuter de la saison qui s’est conclue et des aires marines protégées. « On sait qu’il y a les aires protégées, ça nous préoccupe beaucoup. Si on met une aire protégée aux Îles-de-la-Madeleine, vont-ils nous empêcher de pêcher dans nos aires marines ? », questionne Charles Poirier.

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