La saison de pêche au homard et au crabe se termine samedi, au Nouveau-Brunswick. Le bilan qu'en font les pêcheurs est contrasté : certains ont été durement touchés par les mesures de protection des baleines noires alors que d'autres disent avoir connu une excellente saison.

Un texte d'Alix Villeneuve

« J’ai perdu au moins 50 000 $ », affirme sans détour Sylvestre Lanteigne, un pêcheur de Miscou.

Sa saison a été difficile. L'incertitude a plané sur les pêcheurs, qui savaient que d’un moment à l’autre, leur zone pouvait être fermée, estime-t-il.

Sylvestre Lanteigne a retiré ses casiers deux semaines plus tôt que prévu.

Il estime qu’il aurait pu récolter près de 10 000 livres de homard supplémentaires s’il n’avait pas dû retirer ses casiers à cause de la fermeture de zones.

Il regrette que la proposition des pêcheurs de continuer à pêcher en eaux peu profondes ait été refusée par le gouvernement fédéral.

Qu’il paye mes deux semaines de salaire que j’ai perdues! lance Sylvestre Lanteigne au ministre des Pêches et des Océans (MPO), Dominic LeBlanc.

Voici la carte des zones de pêche fermées en date de lundi dernier

La baie des Chaleurs épargnée

Pour sa part, Charles Roy, homardier de Petit-Rocher, a connu une belle saison avec une mer clémente et des prises supérieures à l’année dernière.

Il faut dire qu’aucune baleine noire n’a été signalée dans la baie des Chaleurs. Ainsi, la pêche a pu suivre son cours habituel, dit-il.

Toutefois, la menace que la pêche soit paralysée par le signalement d’une baleine noire a jeté une ombre sur sa saison, reconnaît Charles Roy.

Pas moins de 33 détenteurs de permis de pêche font actuellement l'objet d'une enquête pour avoir déposé des casiers dans des zones qui avaient été fermées afin de protéger les baleines noires, a confirmé Pêches et Océans Canada par courriel.

Moins de crabe, mais plus cher

Les quantités des débarquements de crabes ont diminué de près de 2000 tonnes métriques au Nouveau-Brunswick par rapport à 2016.

Toutefois, la valeur totale de la ressource a augmenté de près de 4 millions de dollars, puisqu'elle se vend plus cher cette année.

L'année 2017 avait été exceptionnelle pour la pêche au crabe. Comme le quota avait doublé par rapport à l'année précédente, elle n'est pas utilisée à des fins de comparaison.

Pour le homard, les données des débarquements de la présente saison ne sont pas encore disponibles.

Les employés d'usine en quête de travail

Du côté des usines de transformation, on cherche du travail, explique Gilles Thériault, président de l’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick.

Certains travailleurs ne pourront pas atteindre le nombre de semaines de travail minimal pour être admissibles aux prestations d’assurance-emploi, affirme-t-il.

Beaucoup d’employés doivent travailler quatre ou cinq semaines de plus pour toucher des prestations, précise celui qui est aussi directeur général de McGraw Seafood.

Cependant, ce n’est pas seulement la saison de pêche et son quota plus faible qui sont responsables de cette situation, ajoute-t-il.

Gilles Thériault affirme préparer un projet pour faire travailler les employés quelques semaines supplémentaires.

Le projet en question, mené en collaboration avec des usines et le gouvernement fédéral, miserait sur des programmes de formation.