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Une usine de transformation de homard de la N.-É. victime de la pénurie de main-d'oeuvre

Une usine de transformation de homard de Meteghan, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, fait face à une pénurie chronique de main-d'œuvre.

David Deveau fait tout en son pouvoir pour recruter et retenir des travailleurs locaux à son usine, mais il est en train de perdre cette bataille.

« Les résidents de la région sont extraordinaires. Je les aime et je les respecte », dit le président-directeur général de Riverside Lobster International, de Meteghan. « Mais je n’en ai pas assez! »

Son entreprise compte cinq autocars qui vont chercher quotidiennement ses employés à Digby, à environ 70 kilomètres, et à Yarmouth, à une cinquantaine de kilomètres. Les travailleurs reçoivent 13 $/h et ont accès à des avantages sociaux.

Besoin de 100 employés de plus

L’usine transforme 27 000 kg de chair de homard chaque jour et emploie 300 personnes. David Deveau dit qu’il lui manque de 20 à 30 employés.

La pénurie de main-d’œuvre ralentit même les projets d’expansion de Riverside Lobster International. L’entreprise veut notamment transformer les carapaces des homards pour en faire un produit à valeur ajoutée.

« Avec ces projets, on pourrait embaucher 100 personnes de plus », dit-il. « C’est tout un défi. Oui, nous avons un problème. »

Le fédéral à l’écoute

Le gouvernement fédéral a annoncé la création d’un projet pilote d’immigration en Atlantique, à la fin janvier.

Dès le mois de mars, le projet de trois ans permettra aux employeurs d’offrir un emploi à des travailleurs étrangers qualifiés ou de spécialisation moyenne et à des diplômés internationaux. Ces travailleurs obtiendront plus facilement le statut de résident permanent.

Les entreprises de l’ouest de la Nouvelle-Écosse demandent cette flexibilité depuis des années, alors que la région connaît une décroissance démographique et que la population restante est vieillissante.

David Deveau, qui confesse être un conservateur, applaudit le projet pilote du gouvernement Trudeau. « Ce gouvernement nous a écoutés et a bien réagi », affirme-t-il.

Mexique et Chili

Riverside Lobster International emploie 22 travailleurs étrangers temporaires. La plupart d’entre eux viennent du Mexique et du Chili.

David Deveau dit que l’entreprise a dû investir beaucoup de temps et d’argent pour les recruter, mais il ajoute que l’expérience est plus que positive. « L’initiative a du succès. Ils sont assidus et leur éthique de travail est parfaite. Ils représentent une bouffée d’air frais dans notre organisation », rapporte-t-il.

Il précise même que la compagnie entreprendra bientôt des démarches pour que certains de ces travailleurs obtiennent le statut de résident permanent au Canada, ce qui leur permettrait d’accueillir leur famille.

Répartition provinciale

Le projet pilote prévoit que les quatre provinces de l’Atlantique pourront choisir les employeurs admissibles. Chaque province devra s’assurer de l’authenticité de l’emploi offert et il faut prouver qu’aucun Canadien qualifié ne peut l’occuper. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada évaluera les candidatures.

Deux mille personnes seront admises en 2017, ce qui inclut les travailleurs et leur famille. La première année, les travailleurs et leurs proches seront répartis en fonction de la population de chaque province.

La Nouvelle-Écosse en obtiendra 792, le Nouveau-Brunswick, 646, Terre-Neuve-et-Labrador, 442 et l’Île-du-Prince-Édouard, 120.

L’Office de l’immigration de la Nouvelle-Écosse indique que l’intérêt pour le projet pilote va au-delà de l’industrie de la transformation. Des dizaines d’entreprises, dont plusieurs de l’industrie des technologies de l’information, ont indiqué qu’elles aimeraient y participer.

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