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Université Laval : autre ordonnance contre les employés de soutien

Le Tribunal administratif du travail ordonne au syndicat des employés de soutien de l'Université Laval et à ses membres, qui sont en grève pour une durée de 48 heures, d'assurer les soins de base essentiels aux primates utilisés dans les laboratoires de recherche.

La juge Maryse Morin a accueilli en partie mercredi la demande d’ordonnance provisoire effectuée par la direction de l’université, qui craint les impacts de la grève sur les protocoles de recherche en cours.

« Dans le cadre des recherches décrites dans la requête, l’Université Laval doit assurer les soins de base essentiels avec les ressources nécessaires minimales pour éviter la détérioration des primates nécessaires aux recherches », peut-on lire dans son jugement.

Il est nécessaire de rendre la présente décision de façon urgente en raison de la grève actuelle et du mandat syndical permettant d’exercer d’autres journées de grève.

La juge Maryse Morin, Tribunal administratif du travail

Les soins aux primates seront dispensés par un maximum de huit employés pendant une partie des journées de grève. L’ordonnance demeure en vigueur pour un maximum de dix jours.

Effets « dévastateurs »

Plus tôt mercredi, le conseiller syndical Éric-Yan Zubrzycki avait expliqué que la grève des employés de soutien pouvait avoir des effets « dévastateurs » si elle se poursuivait. Il a cité en exemple une recherche menée sur la maladie de Parkinson avec des singes et des souris.

« Ces animaux, par exemple, ne recevront pas les injections qui permettraient la continuité de ce protocole de recherche là. Et s'ils ne le reçoivent pas, le protocole va tomber. C'est 10 ans de recherche qui va tomber », a illustré M. Zubrzycki.

Grève de 48 heures

Les employés de soutien de l'Université Laval, qui sont sans contrat de travail depuis près d'un an, ont déclenché une grève de 48 heures à minuit mercredi.

Des grévistes membres du Syndicat des employés et employées de l'Université Laval (SEUL) étaient présents dès 7 h 30, mercredi, dans le stationnement situé en face du pavillon Alphonse-Desjardins, lieu désigné dans l'injonction imposée par la Cour supérieure vendredi dernier.

Deux roulottes, dont l'une portant la mention Guantanamo, ont été installées sur les lieux. L'injonction ordonne aux manifestants de demeurer à l'intérieur du stationnement et limite à 190 à la fois le nombre de piqueteurs.

« On va circuler en rond dans ce qu'on appelle Guantanamo UL, a lancé ironiquement Éric-Yan Zubrzycki. On va circuler, prisonniers de notre enclos où on est sûrs qu'on pourra s'exprimer de façon limitée. Mais on va trouver des moyens pour se faire voir. »

La direction de l'Université Laval a obtenu cette injonction pour limiter la présence des grévistes sur le campus universitaire, une propriété privée.

Rencontre jeudi

Une rencontre de conciliation se tiendra jeudi entre l’employeur et le syndicat, et ce, malgré la poursuite de la grève. Le syndicat prévient que d’autres actions pourraient survenir « en fonction des résultats de cette rencontre ».

Deux autres rencontres sont déjà inscrites au calendrier pour les 20 et 21 février.

Le syndicat des employés de soutien de l'Université Laval représente 1900 travailleurs, dont des employés d'entretien des bâtiments, techniciens de laboratoire, personnel de bureau et personnel de bibliothèque.

Les employés de soutien sont sans contrat de travail depuis le 1er avril 2016.