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Vent d'optimisme pour l'industrie aéronautique du Canada et du Québec

Le Canada et le Québec font de bonnes affaires au salon du Bourget, en France, et ils sentent que le vent est favorable pour l'industrie aéronautique. État des lieux.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Avec leurs démonstrations en plein vol qui fascinent autant le grand public que les spécialistes, les salons aéronautiques ont un côté spectaculaire. Mais le vrai travail se fait à l'intérieur des pavillons et des kiosques : c'est là que les contrats se discutent, se négocient et se signent.

Le roi Airbus

Airbus s’intéresse au Canada. Plusieurs de ses hauts dirigeants sont sont présentés au chalet du Canada, au Bourget, pour dire aux industriels canadiens qu’ils avaient besoin d’eux et de leurs produits. La salle était pleine à craquer.

Il faut dire qu’Airbus vient de remporter un juteux contrat canadien : 16 avions C295 (destinés au sauvetage) pour 2,4 milliards de dollars. Airbus cherche aussi des fournisseurs au Canada. Mais selon Joe Marchesi, directeur des approvisionnements d’Airbus en Amérique du Nord, ce n’est pas pour le plaisir de venir au Canada : c’est pour y faire des affaires, et des bonnes.

Le salon du Bourget 2017 montre nettement que le Canada attire les investissements étrangers. Mais, parfois, il faut un petit coup de pouce. Par exemple, Québec a accordé une subvention de 5 millions de dollars à la division québécoise du groupe français Zodiac Aerospace, qui fabrique les structures pour les cabines intérieures d'avion de Bombardier.

Tous autour de quatre grands

Au Québec, les quatre grands du secteur sont Bombardier, Bell Hélicopter, Pratt & Whitney et CAE (simulateurs de vol). Ils attirent une foule d’autres investisseurs, petits et moyens, et forment tous ensemble la « grappe » aérospatiale du Québec, qui est largement regroupée autour de Montréal.

Ainsi, on a récemment annoncé l’installation à Laval de l'Autrichienne F/List, spécialisée en finition pour avions d’affaires autrichien.

L’équipementier français Latécoère va lui aussi s’installer à Montréal pour se rapprocher de Bombardier. Les affaires marchent bien. Et les ministres aiment le Bourget.

En plus de la ministre de l’Économie du Québec, Dominique Anglade, Navdeep Bains, son homologue fédéral, et François-Philippe Champagne, ministre fédéral du Commerce international, ont aussi visité le salon du Bourget. Le but, explique M. Champagne :« Faire la promotion de l’expertise canadienne. [...] L’aéronautique, chez nous, c’est 28 milliards par année, 700 compagnies et 200 000 emplois, dont 50 % au Québec. »

Rien à voir avec le salon d’il y a deux ans. Suzanne Benoit, PDG d’Aéro Québec, rappelle qu'il y a eu un ralentissement chez Bombardier, il y a quelques années. « Là, on sent qu’il y a un regain d’énergie, dit-elle. On sent que les gens sont très confiants à long terme. » La finition intérieure d'avions est l'un des domaines de l'aérospatiale qui recrutera beaucoup au cours des prochaines années, estime Mme Benoit.

Pourquoi cet optimisme? À titre d’exemple, en raison de la croissance du nombre de passagers, Airbus prévoit que le monde aura besoin de 35 000 nouveaux avions d’ici 20 ans. Son concurrent Boeing voit encore plus grand : il en prévoit 41 000.

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