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Vers une appellation « Boeuf du Québec » ?

Afin de combattre la chute vertigineuse du prix du bœuf, les producteurs de bovins québécois jonglent avec l'idée de lancer une appellation « Boeuf du Québec », un peu à l'image de ce que font les producteurs de porc québécois.

Les producteurs de bovins ont vu le prix de vente de leurs animaux chuter de 39 % en 2015-2016.

Les agroéconomistes prévoient que cette tendance à la baisse se poursuivra jusqu’à l’an prochain, avant de connaître une légère hausse en 2019.

Pour le consommateur, cette baisse du prix de vente devrait se traduire par une réduction des prix au comptoir, mais dans une moindre mesure, puisque plusieurs intermédiaires influencent les prix.

L’appellation contrôlée est donc vue comme une solution pour favoriser les ventes.

Le sujet a été évoqué à l'occasion de l'assemblée générale annuelle du Syndicat des producteurs de bovins du Bas-Saint-Laurent. Cette proposition a fait l'objet d'une étude par la Fédération provinciale du secteur.

Le président des producteurs bas-laurentiens, Daniel Reichenbach, ne cache pas qu'une telle appellation favoriserait la production locale de boeuf.

C'est une demande du consommateur aussi de savoir : le boeuf produit, ici, au Bas-Saint-Laurent, qui va se faire abattre en Ontario, qu'est-ce qu'il advient après ?

Daniel Reichenbach, président des productueurs de bovins du Bas-Saint-Laurent

Détresse psychologique agricole

À l'occasion de l'assemblée générale annuelle des producteurs de bovins bas-laurentiens, le président de l'UPA régionale, Gilbert Marquis, a plaidé pour que le Centre intégré de santé et services sociaux investisse des fonds et désigne un coordonnateur pour gérer la la détresse des agriculteurs.

Gilbert Marquis croit qu’il faut combattre les tabous entourant ce problème. « Plus on va en parler, moins ça va l’être » affirme-t-il.

Ça prend un projet pilote, ça prend de l’argent au bout de ça. Vous savez, sans argent, on va pas loin.

Gilbert Marquis, président de l'UPA du Bas-Saint-Laurent

Le président des producteurs bas-laurentiens, Daniel Reichenbach, abonde dans le même sens. Selon lui, le contexte économique difficile explique le désespoir de certains producteurs.

On a des conditions qui amènent au découragement des producteurs. On a les conditions climatiques, l’incertitude du marché, les problèmes financiers, la pression des créanciers, la maladie d’un troupeau…

Daniel Reichenbach, président des productueurs de bovins du Bas-Saint-Laurent

Monsieur Reichenbach insiste pour dire qu'il n'y a pas de honte à chercher de l'aide lorsque l'on vit une situation difficile.